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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 08:00

Bonjour les croqueurs !

 

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Cette quinzaine, c'est Lilou-Fredotte qui est à la barre des croqueurs de mots, la communauté de Pascale et nous a proposé ce défi

 

Défi   69       « Les huit éléments » 

Pour ce défi,

je vous propose d’écrire une histoire

vers ou prose

en utilisant les éléments suivants.

Peut importe l’ordre.

 

des personnages : un grand-père et un enfant,  Jean-Mimi

une profession :   clown

une période :       mars 1889

des lieux :            Le pont Charles à Prague

                             et le département du  Rhône  

un objet :             un pendentif

un animal :          un  lapin

 

Mais ce n’est pas tout vous devrez aussi placer la phrase  

«  et pourtant, je t’avais prévenu(e) »

 

Postez votre texte pour

Lundi 28 Novembre à 8 heures

 

 

 

 

Le clown sur le pont

 

- Tu n’as jamais beaucoup parlé de ce jour-là grand-père. Tu me racontes ?

Le grand-père ainsi questionné regarda son petit-fils avec fierté et admiration. Quel beau garçon, et quel artiste ! Il avait été le seul de la famille à suivre ses pas sur la piste, avec un talent rare, qui lui valait de briller au sein de la troupe prestigieuse du cirque du soleil. Le jeune homme y présentait un numéro raffiné mêlant acrobatie, jonglerie et danse, revêtu d’un costume de Pierrot, hommage au passé de clown de son aïeul. Il était souvent en tournée, presque tout le temps en fait, mais ne manquait jamais de venir le voir quand il pouvait faire un saut à Lyon, où Frantisek s’était établi en prenant sa retraite.

Il était arrivé le matin même, et les deux hommes avaient décidé de profiter des derniers jours ensoleillés, un cadeau inespéré de ce mois de novembre pour faire une longue promenade.

Ils avaient cheminé tous deux, le longs de rues calmes, pour arriver vers les berges du Rhône, échangeant des mots sur tout et rien, ou ne se parlant pas. Quand on se comprend si bien, il n’est pas nécessaire de parler.

Finalement, ils étaient arrivés sur le pont, et s’étaient accoudé au parapet ouvragé, en regardant l’eau couleur de bronze couler lentement. Quelques couples de canards nageaient là, en se disputant bruyamment, pour se réconcilier tout de suite après.

Leurs pensées les avaient menés tous deux vers un jour déjà lointain, qui avait amené la question de Jean Mimi.

Frantisek se tourna vers lui :

- Que veux-tu savoir petit ? lui demanda-t-il de sa voix un peu rocailleuse, dont des années de français n’avaient jamais effacé l’accent de l’Est. Jean Mimi aurait pu se fâcher de s’entendre ainsi traiter de petit, lui qui dépassait l’ancien clown de presque une tête, comme du surnom, mais le regard des yeux bruns était empli de tendresse :

- Tu nous as toujours dit que tu avais passé la frontière en voiture, par une route de campagne, et que tu avais pris cette décision de passer à l’Ouest un soir, après avoir réfléchi sur le pont Charles de Prague. Mais jamais comment tu avais fait, ni si tu avais été aidé. J’ai toujours senti que tu ne nous avais pas tout dit. Même maman et mamie n’en savent pas plus, et Dieu sait que j’ai essayé de leur faire raconter quand j’étais petit !

Frantisek étouffa un sourire. Sa femme, une française rencontrée peu après son arrivée dans le pays, trapéziste talentueuse, et sa fille, ses deux trésors comme il se plaisait à dire. Elles étaient toujours près de lui, dans cette retraire tranquille prise au bord du fleuve. Sa fille était loin du monde du cirque, et travaillait dans un bureau, comme son mari. Aussi la surprise avait été grande de voir Jean Mimi décider de prendre cette voie. Les parents n’avaient pas été vraiment ravis, mais il avait fallu céder, et finalement, le succès était là.

- Et bien ? veux-tu m’en dire plus ?

Frantisek revint au moment présent en entendant la question posée à nouveau. Son sourire s’effaça et son regard plongea dans les profondeurs du Rhône et du passé. Le temps marqua un arrêt, suspendu, sans qu’un mot fût dit. Il manipula la breloque de son collier, sorte de pendentif représentant une panthère.

- A cette époque, j’étais propriétaire d’un tout petit cirque, tu le sais déjà, porteur d’un très vieux nom

D’après l’histoire de la famille, il aurait été fondé par un de nos aieux, en mars 1889, mais rien n’est certain.

Pas de ménagerie, seulement des acrobates, une dresseuse de chiens, un magicien, des voltigeurs, et moi qui faisait le clown et le « monsieur loyal ». La vie était difficile pour nous tous, avec un si petit cirque. Il fallait aller de villages en villages, amener des spectateurs, monter la tente, travailler et s’entraîner sans relâche. Cela tu le sais aussi. Nous étions malgré tout heureux de vivre de notre art, et nous avons essayé de nous rapprocher de Prague, et qui sait de nous agrandir un peu.

C’était l’époque de l’enthousiasme, et des espoirs.

Mais voilà, l’histoire nous a rattrapés, les évènements comme on dit maintenant. Plus personne ne sortait, et le dernier jour, malgré nos efforts, nous avons joué devant quatre personnes. Nous nous sommes dit bonsoir, comme d’habitude, mais nous savions bien que c’était fini, chacun devrait se débrouiller comme il pourrait.

Même le magicien, un sale caractère malgré son lapin qu'il tenait toujours dans ses bras, n’a pas eu le coeur de me répéter comme il le faisait souvent quand il y avait des problèmes:

- et pourtant je t’avais prévenu !

Moi, je me suis mis à marcher, droit devant moi, pendant des heures, sans savoir où j’allais, ni faire attention aux patrouilles que je pouvais croiser. Finalement, je suis arrivé sur le pont, et je me suis accoudé, en regardant l’eau. Est-ce que j’ai eu l’idée de sauter ? Sincèrement je ne sais pas, je crois que je suis resté un très long moment. Il n’y avait plus d’avenir, plus rien, et aucun moyen de quitter le pays.

Le vieil homme se tut, le regard sombre, sans que Jean Mimi ose interrompre le cours de ses souvenirs.

- Je n’ai rien entendu, mais tout à coup, reprit Frantisek, un homme était là, près de moi, la main sur mon poignet. Il avait peut-être eu l’impression que j’allais … Son sourire était amical, comme les yeux derrière de petites lunettes rondes.  Que vous arrive-t-il ?

Sa voix était tranquille, douce, et je me suis mis à tout lui raconter. Les espoirs, le travail, tout cela pour rien. J’ai terminé en lui disant que la seule possibilité serait de partir, de tenter une nouvelle vie ailleurs. Je lui ai parlé de la France, et des grands noms de la piste, dont nous avions entendu les échos. Il m’a fait un petit sourire espiègle, et me dit :

- après tout, pourquoi pas ? Montez en voiture, je connais un raccourci.

J’étais interloqué, j’ai cru qu’il se moquait de moi, et je me suis même demandé si ce n’était pas un agent de la police secrète. Il m’a poussé vers sa voiture, un petit modèle de couleur jaune paille. Je la revois comme si c’était hier ! J’avais l’impression de rêver, et je suis monté. Il a mis en marche, et nous avons roulé, la ville, puis la campagne. Une campagne déserte, dans la brume. Je lui ai dit : mais comment passer la douane ?

- Ne vous inquiétez pas ! Toujours avec son sourire malicieux. Il avait vraiment l’air de préparer une farce, rien de plus sérieux.

J’étais tellement fatigué, et je ne voyais presque rien à l’extérieur, tant il y avait de brouillard. J’ai peut-être fermé les yeux une fois ou deux, mais pas plus, le voyage était long. Et puis, tout à coup, nous étions dans les banlieues d’une grande ville. Avions-nous tourné en rond ? Il me ramenait à Prague finalement ? Je voyais les flèches d’une cathédrale. Il m’a laissé près de Notre-Dame de Paris, pas loin de la préfecture. La suite tu la connais, asile politique, puis une carrière chez les Gruss. Ta grand-mère, ta mère, toi … Une vraie vie heureuse après cette soirée de désespoir.

- L’as-tu revu ? demanda Jean Mimi, la voix tremblant un peu, ressentant l’émotion à peine contenue de son grand-père.

- Jamais, et puis cette question qui restera sans réponse, je crois.

- Une question ?

Le silence retomba, les minutes s’écoulèrent, alors que le Rhône se teintait de rouge sous le soleil couchant.

- Il y avait l’heure, l’horloge de Notre-Dame…

- Et bien ?

- Depuis Prague, nous avions mis une heure.

 

 

 

Je voulais aussi vous montrer cet extraordinaire numéro d'un artiste russe, qui a inspiré mon personnage de Jean Mimi, présenté dans le "casse noisette circus" des ballets de Monte-Carlo. 

Une merveille !

 

 


 

 

 

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Published by Hauteclaire - dans les contes
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commentaires

Tricôtine 08/12/2011 18:35


Bonsoir Hauteclaire ! me voilà de retour sur tes pages , un voyage d'une heure en voiture, comme j'aurais aimé connaitre le secret d'une telle rapidité , comme toujours tu sais nous envelopper de mystère et nous hypnotiser par tes textes. Ambiance très agréable, j'aime beaucoup tes
descriptions détaillées, un mini filmde plaisir est passé devant mes zyeux .... gros bizzzoux

Lilou 02/12/2011 22:21


je répare un oubli; la bannière de ton blog est très jolie. voilà c'est dit !

Lilou 02/12/2011 22:19


texte émouvant, complet illustré jusdicieusement, je te remercie de nous offrir une telle qualité. je te remercie de ta participation et d'avoir relevé le défi à ce niveau. Je ne vais plus oser
écrire moi-même. envie de relancer d'autre défis.


à tantôt


amitiés


Lilou


 

Hauteclaire 03/12/2011 00:03



Bonsoir Lilou,


le rouge me monte au front    !!!


C'est surtout à toi que nous devons un grand merci pour ce thème très recherché, qui nous a donné une très belle occasion d'écrire. Surtout, si tu as d'autres idées, ne te retiens pas !


Gros bisous, merci de ta lecture et de tes mots



Alba 29/11/2011 09:42

La merveille, c'est ton récit; Chapeau bas, madame !!!

Suzâme 29/11/2011 07:48


Bonjour Hauteclaire,


Comme je voudrais avoir plus le temps de m'attarder chez toi. Ma lecture d'hier soir, la vidéo lunaire de ce matin, m'ont charmée, m'ont émue. Narration, dialogues sont maîtrisés. Je suis rentrée
dans leur histoire, dans leur mémoire, dans le monde du cirque, grâce à toi. Bisous. Suzâme