Conte de l'amour et la folie

Publié le par Hauteclaire

Pour le jeudi en poésie des croqueurs de mots   la communauté de Pascale, j'ai proposé le thème : légendes sur terre.

 

Je vous propose deux extraits d'un texte, une sorte d'écrit onirique sur le thème de l'amour et la folie, commencé il y a longtemps, et que je poursuivrai sans doute ...

 

 

La folie et le cavalier, appuyés l’un contre l’autre, chevauchaient sans hâte. Le destrier les portait sans effort, tant grande était sa puissance, laissant de profondes empreintes de ses sabots dans le sable clair.

Ils chevauchaient le long de l’eau, de minuscules vagues venaient lécher les pieds du coursier en une caresse douce. Devant eux, l’étendue de sable, à perte de vue, la plage paraissait ne pas avoir de fin. La lune, au dessus de l’eau, se mirait dans les flots lisses comme un miroir, et avait arrêté son mouvement, pour prolonger cette admiration d’elle-même. Ou peut-être était-ce pour donner une nuit de répit aux deux amants, une nuit qui ne finirait jamais ? La folie avait perdu le sens du temps, la tête contre l’épaule du cavalier, sans éprouver le besoin de faire le moindre geste. Elle devait être là, pour l’éternité. La plage se finissait-elle plus loin ? Il était impossible qu’elle ait une fin, elle était là, et avait toujours été là, la folie en était sûre. Les derniers souvenirs de la ville de fer s’évanouissaient et bientôt la folie oublia qu’elle y avait jamais été.

Quel étrange endroit  que cette plage, où les souvenirs s’abolissaient. La mémoire de la folie se vidait peu à peu, ne laissant qu’un grand calme. Elle n’avait pas de passé, peut-être pas de futur. Toute sa vie tenait à cette plage sous la lune, qui ne changerait jamais plus.

Il n’y aurait plus de peur, plus d’incertitude, plus de doute, le temps de l’errance était fini. Elle sentait la respiration douce du cavalier sur ses cheveux, c’était tout ce qui importait.

De lui-même leur monture obliqua vers la ligne des arbres, et s’arrêta pour goûter l’eau d’une petite source. Il secoua son imposante crinière, et tous deux comprirent que le moment était venu de s’arrêter et de rendre hommage aux esprits du lieu, en une célébration primitive et sensuelle.

 

waterhouse46.jpg

 

 

Tableau de Waterhouse

 

et la suite par ici LINK

Publié dans les poèmes

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Renée 08/04/2011 16:08



Oui il faut le continuer c'est super joli.....


 



Domjade 07/04/2011 22:21



Bonsoir,


Merci pour ces deux beaus
extraits


 






Suzâme 07/04/2011 20:30



Un récit qui nous enlève de nos réalités et nous transporte avec notre romantisme enfoui qui n'attendait qu'une chevauchée et quelque hommage essentiel "aux esprits du lieu".
Oui, je l'avoue, j'ai été littérairement enlevée... A bientôt de te lire chez moi. Suzâme



m'annette 07/04/2011 20:25



le tableau illustre bien ton récit et vice-versa..


bonne soirée



Mireille 07/04/2011 20:16



Oui, c'est une belle écriture ainsi que le dit Jill et puis, une légende, un conte, je suis toujours ravie. L'amour n'est-il pas toujours une folie? Bonne soirée. Mireille