Cyril aux jeux weblympiques:la grande course

Publié le par Hauteclaire

 

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A quatre pattes, creuser le dos en étirant,  respirer, doucement .

Etirer les pattes avant, puis les pattes arrières, doucement, sans forcer.

Arrondir le dos à fond en inspirant, revenir en position en expirant doucement.

Se redresser, faire des rotations de la tête et du cou, doucement.

S’étirer vers le haut, à fond. Etendre les ailes, les étirer, puis faire de petits battements, sans voler. Etendre l’une, puis l’autre, à fond, les deux à nouveau.

Finalement deux ou trois foulées, et s’envoler, faire de petits allés et retours de cent mètres, sans forcer d’abord, puis plus vite, en inspirant bien, expiration à petits coups.

Le départ n’allait pas tarder à être donné, et Cyril s’appliquait aux exercices d’échauffement de maître Tie.B, s’appliquant aussi à ne pas penser, pour que le trac ne revienne pas l’envahir ! La nuit avait été entrecoupée de réveils quelque peu angoissés, mais n’avait pas été trop mauvaise. Le village était très calme, car la fin des jeux approchait, et beaucoup d’athlètes étaient retournés dans leurs blogs ou leurs sites.

Cyril se trouvait un peu seul maintenant, heureusement maître Tie, son entraîneur était toujours là. Il avait aussi fait la connaissance d’un autre concurrent du marathon de vol, Barnabé, un albatros à l’envergure impressionnante, ami de longue date de Viveca la sirène, qui les avait présentés l’un à l’autre. Une amitié était née, déjà solide, et ils avaient pris l’habitude en quelques jours de s’entraîner ensembles.

Mais à présent Cyril était seul. Les concurrents, attendant le départ se saluaient, courtoisement tout en restant distants, concentrés sur leur échauffement. Les sélections avaient été difficiles, et Cyril n’en revenait encore pas d’avoir obtenu cette place, parmi seulement deux cents athlètes. Il y avait là des oiseaux, comme Barnabé, d’autres dragons, des griffons, des phœnix, des dinosaures volants, venus de leurs fichiers consacrés à la préhistoire. L’un d’eux, était vraiment étonnant, et avait fait un peu peur à Cyril, avec son envergure de douze mètres, et sa gueule hérissée de dents en barbelés. En fait, c’était quelqu’un de tout à fait charmant, qui avait énormément à raconter sur les débuts de la terre.

La semaine s’était donc écoulée très vite depuis la cérémonie d’ouverture, en journées  réglées très strictement. Entraînement, repos, repas de pâtes ou de riz, sans sauces, des protéines, des fruits et du fromage frais. Cyril se promettait de se rattraper sur le chocolat en rentrant !

Il avait encouragé Viveca lors de ses courses, applaudissant à tout rompre quand elle se mettait à l’eau. Avec elle les espoirs de médaille du royaume Pc avaient été comblés. Elle avait remporté une très jolie deuxième place en deux cents mètres nage libre, catégorie nageuses mythologie comprenant dryades, sirènes, tritons (les autres catégories étaient humanoïdes et poissons/ cétacés). Elle avait aussi participé à la finale du cent mètres, se classant cinquième (ce qui l’avait fait pester contre elle-même) et enfin avait remporté l’or en solo de natation artistique. Sa démonstration avait été vraiment superbe, et la victoire incontestable. Cyril s’était dit que son égo déjà surdimensionné n’allait pas s’en trouver amélioré, pourtant elle était venue lui faire un très gros bisou avant de rentrer chez elle, sur le bateau de Barbe d’Or. Ses amis, son bateau et la mer lui manquaient trop, elle ne restait pas pour le voir concourir, mais avait promis d’être devant son écran, avec tous les autres, et lui avait confié son coquillage porte-bonheur, un bigorneau en or que Cyril portait autour du cou.

La sonnerie d’appel sur la ligne de départ retentit, interrompant les pensées de Cyril, et il se joignit aux autres pour se placer, rajustant son dossard d’une patte un peu tremblante. Maître Tie B lui avait dit de faire de son mieux sans se tracasser, être en finale était déjà très bien, et tous étaient extrêmement fiers de lui dans le royaume. La veille, il avait reçu un court appel de Magnus Discus qui lui avait dit la même chose, un sourire éclairant son visage sévère.

Le dossard était en place, le numéro sept, qui portait chance, lui avait dit Tie.B , lui faisant ses dernières recommandations. Le départ se faisait au sol, donc comme il avait la chance de pouvoir prendre l’air d’un seul élan, il devait s’arranger pour ne pas se trouver dans la cohue de l’envol, se placer un côté ou l’autre, en attendant que le groupe s’étire. Après, la course les menant dans différents fichiers, ce serait plus facile, il n’y aurait que de petits groupes. Ceux qui, comme Barnabé ou le dinosaure volant devaient courir pour prendre leur élan, avaient une vingtaine de mètres d’avance, il faudrait donc les éviter aussi.

La sonnerie retentit à nouveau, les concurrents étaient en place sur la ligne de départ, le silence se fit dans le stade, profond, et les quelques secondes qui suivirent parurent une éternité à Cyril. Il allait abandonner ! Il ne se sentait pas capable de le faire !

Le coup de pistolet retentit, une immense clameur monta du public et Cyril, sans réfléchir, bondit, faisant claquer ses ailes, et prit la direction du premier jalon à toute vitesse.

Se placer sur le côté, évitant les bousculades au centre, puis éviter ceux qui s’envolaient après une course. Il avait d’instinct bien choisi sa trajectoire, elle était à peu près vide.

Un très grand griffon devant lui, que tous désignaient comme le vainqueur probable, avait déjà pris les devants et s’apprêtait à franchir la connexion qui allait les mener dans le premier fichier. Il y en avait dix comme cela, présentant des environnements très différents, afin de ne léser personne. C’était aussi une course de stratégie et d’adaptation. Le griffon s’engouffra, suivi d’une trentaine, dont Barnabé, puis enfin Cyril. Ils se trouvèrent dans un environnement urbain, une ville gigantesque, tentaculaire, un univers futuriste de tours immenses. Les concurrents passèrent le long d’un couloir aérien tout tracé, zigzaguant entre les bâtiments, bordé de petits vaisseaux de spectateurs venus les voir. Des klaxons, des appels de phares les saluèrent, tout le long de cette partie de course, les encourageant dans leurs efforts. Cyril vit qu’il se maintenait sans trop de mal dans le groupe de tête, ce qui lui fit prendre de l’assurance. Ne pas se précipiter avait dit maître Tie, il faut assurer l’arrivée, et un sprint éventuel !

Le fichier suivant était un massif montagneux enneigé. Le froid mordit les écailles de Cyril, lui coupant un peu le souffle. Obligé de descendre un peu, le peu d’air diminuant la portance, tandis qu’au-dessus de lui, Barnabé et le dinosaure, avec leurs ailes immenses se laissaient glisser beaucoup plus efficacement. Cyril avait perdu un peu de terrain en franchissant la connexion suivante, une campagne verte, tranquille, semée de petites maisons. Des spectateurs là aussi, qui agitaient des drapeaux ou applaudissaient en les regardant passer. L’air était tiède, portait mieux, et Cyril reprit à peu près ce qu’il avait perdu. Il volait à peu près seul à présent, devant lui le griffon, puis deux groupes, derrière lui, il ne savait pas trop, la file des concurrents était très étirée.

Les fichiers se succédaient les uns aux autres, une planète marine, un désert, il eut aussi la surprise de se retrouver dans le site de Johnny Ringo, volant entre les hautes parois d’un canyon, en se rappelant la tempête survenue. Par chance, il faisait bon, et du coin de l’œil, en bas, Cyril vit un groupe de cavaliers qui agitaient leurs chapeaux.

Plus vite, toujours plus vite !

C’était la mi-course, et Cyril commençait de sentir ses ailes le brûler un peu, mais tout allait plutôt bien. Il sentit un déplacement d’air derrière lui, il était rattrapé ! huit autres concurrents, au moins, qui arrivaient très vite. Cyril força un peu pour se détacher, et fonça vers la connexion suivante. Un  fichier sur l’espace ! Tout était d’un surprenant bleu foncé, semé d’étoiles qui clignotaient. Des balises avaient été disposées pour leur permettre de se repérer, et ces astronautes étaient là pour les regarder passer. Comment pouvaient-ils voler dans le vide, se demanda Cyril. Pas le temps d’approfondir, la connexion suivante se présentait. Une autre ville, moderne celle-là, de la fumée, qui fit tousser Cyril, et beaucoup de bruit qui montait de la surface.

Plus vite, toujours plus vite !

Ses ailes étaient maintenant endolories, comme les pattes qu’il fallait tenir repliées en position aéro dynamique,   pourtant les efforts consentis pendant l’entraînement portaient leurs fruits, le souffle restait régulier, et les mouvements harmonieux malgré la douleur qui montait.

Plus qu’une connexion, et près de quatre heures de course. Cyril était talonné par les huit concurrents qu’il n’arrivait pas à lâcher, volant avec eux par moment, devant, ou même à la traîne à d’autres instants. L’arrivée allait être difficile !

Ils foncèrent au dessus d’un récif corallien,  dans un fichier tropical. Chaud ! il faisait chaud, et l’envie de se baigner prit Cyril en voyant l’eau transparente, d’un vert de  bijou. Ce serait pour plus tard.

Plus vite, toujours plus vite !

Les ailes lui faisaient vraiment mal, brûlantes, et les mouvements étaient un peu saccadés, mais toujours efficaces. La connexion de retour au stade se montrait au loin. Là-bas il n’y avait que le griffon qui avait mené de bout en bout, et ne pourrait plus être rattrapé, ensuite leur petit groupe, solidement soudé. Il allait falloir se battre, et Cyril se rendit compte qu’il le voulait. Prenant son souffle, il accéléra, suivi des autres, rentrant dans le fichier du stade en trombe.

La clameur avait repris, les accueillant et les portant au bout de leur effort, leur communiquant une nouvelle énergie pour le dernier tour. Une cloche retentit, le dernier kilomètre ! Le griffon avait franchi la ligne d’arrivée, et voletait sur le côté pour se détendre, le public était debout pour les voir arriver, des commissaires de courses étaient postés de part et d’autre de la ligne. Tout cela Cyril l’enregistra d’un coup d’œil avant de mettre ses dernières réserves d’énergie dans l’arrivée, sans pour autant pouvoir agrandir la distance entre lui et ses adversaires directs. Plus que deux cents mètres, cent, la ligne juste devant !

Cyril plongea, étirant son corps le plus possible, alors que les neuf coureurs groupés passaient la ligne, comme un seul éclair sous les vivats de la foule.

Ca y était, c’était fait ! Cyril ralentit, pour se poser doucement  un peu plus loin. Un bénévole vint lui apporter une boisson tonifiante, et une serviette dans laquelle il s’enveloppa, il avait un peu froid maintenant. Le tableau des arrivées, il n’osait même pas le regarder ! Maître Tie.B avait eu raison. Il avait participé et serai dans les dix premiers, c’était inespéré. Dans une sorte de brouillard, il voyait les autres concurrents qui arrivaient, le griffon qui s’étirait, un faucon qui reprenait son souffle un peu difficilement. Lui ne sentait plus rien, les courbatures et la fatigue viendraient après, il avait fait cette course, c’était tout ce qui comptait. Du coin de l’œil il vit maître Tie.B qui arrivait en courant, et en gesticulant. Alors seulement il osa regarder le tableau d’affichage..

Dossard sept, Cyril du royaume Pc,

Médaille d’argent.

Publié dans un dragon pour ami

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Martine27 14/08/2012 18:03


Bravo, bravo, bravo !!!!!

Hauteclaire 14/08/2012 19:43



Merci Martine


Le dragon te fait la bise !


Et moi avec lui



erato :0059: 08/08/2012 21:44


J'adore Cyril et le félicite de sa course magnifique .Un conte adorable que je lis avec toujours autant de plaisir . Belle soirée Hauteclaire

Hauteclaire 08/08/2012 23:48



Merci Andrée !


 Tu peux le croire, Cyril est tout aussi heureux de lire tes compliments à ce moment


Gros bisous de nous deux



jill bill 08/08/2012 07:39


Merci pour tout ce p'tit monde au JO et bravo Cyril pour ta belle médaille d'argent ! Clin d'oeil de Dragonien qui suit tout ça au.... fauteuil, ah il a pas ton courage !  Bizzzzzzzzz

Hauteclaire 08/08/2012 20:26



Merci Jill


pour ton clin d'oeil et celui de Dragonien !


Tu vas voir, il va s'y mettre  


Gros bisous, belle soirée à toi