Cyril et le reflet dans l'eau: fin

Publié le par Hauteclaire

La suite et fin de cette aventure vraiment angoissante de Cyril !

 

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Le soleil redescendait, il faisait un peu moins chaud, mais Cyril pouvait voir en dessous de lui les dégâts provoqués par le dérèglement du climat. Une terre qui avait dû être fertile était desséchée et aride. Un lit de rivière pratiquement à sec, des arbres tordus aux branches dénudées, une plaine sablonneuse, et il faudrait qu’il reste là ?  Il fallait tout faire afin de trouver une solution, pour les elfes comme pour lui-même.

Subitement il se retrouva devant la frontière noire, la fin du royaume reflet. Hans avait raison, son monde s’arrêtait net, la terre ferme semblait s’enfoncer dans une sorte de matière totalement opaque, mate et immobile. Cyril se posa tout près, et étendit une patte avec un peu d’hésitation. Elle disparut jusqu’au poignet, complètement. Cyril la sentait, pouvait sentir ses doigts bouger, mais sans la voir. Il replia sa patte, regarda ses doigts, les fit bouger, il n’y avait rien de bizarre, ils étaient comme d’habitude. Peut-être cette matière noire n’était-elle que très mince, et derrière s’ouvrait un autre passage qu’il pourrait emprunter ? Cyril fit un pas en avant, puis deux et s’enfonça dans la masse sombre.

Il n’y avait rien derrière, que du noir. Il y avait toujours un sol sous ses pattes, il ne faisait ni froid ni chaud. Le silence régnait, pas un son, pas une odeur non plus, et ses doigts étendus ne rencontraient que le vide. Pas une lueur pour éclairer cet endroit, et Cyril se rendit compte qu’il perdait son sens de l’orientation. Par où était-il entré ? Où se trouvait le monde tangible ? Il fit plusieurs pas, saisi de panique, dans une direction, puis une autre, avant de se retrouver subitement à l’air libre, à nouveau sur ce bout de terre aride, devant le mur noir. Il frissonna, et repartit à tire d’aile. Quelle horreur ! et en baissant le nez, il s’aperçut que la chose progressait, insensiblement mais réellement. Un gros caillou clair qui était juste au bord, avait à moitié disparu. Combien de temps était-il resté là-dedans ? Sans doute pas très longtemps, le soleil était plus bas, la nuit tombait, et la maison des elfes était en vue.

En poussant un soupir de soulagement il se posa tout près, accueilli par Hans et ses compagnons qui semblaient bouleversés :

– Nous avons cru que tu avais disparu ! Et où te chercher ! Quelle peur tu nous as fait depuis deux jours que tu es parti !

Deux jours ! C’était encore pire que ce qu’il croyait ! Il se laissa tomber dans le fauteuil du salon qu’il avait l’impression d’avoir quitté une heure auparavant, une boule dans la gorge. Et s’il n’avait pas retrouvé la bonne direction, ou bien si cela lui avait pris davantage de temps ? Il préféra se taire, pour ne pas effrayer plus encore ses compagnons, reconnaissant simplement que la frontière noire ne pouvait être franchie, et quand toute la maisonnée se fut endormie, terrassée par l’angoisse, Cyril resta à se retourner sur son matelas, dans la petite chambre où il avait été logé, partagée avec deux elfes. Le soleil se leva, implacable, éclairant la pièce derrière les rideaux, réveillant un Cyril qui n’avait dormi que deux ou trois heures. Il se sentait pâteux, collé, et il n’y avait pas de possibilité de se doucher, juste un seau d’eau à l’extérieur.

Le liquide froid lui fit pourtant du bien, lui éclaircissant les idées.

– Est ce que je pourrais voir le grimoire ? demanda t-il à Hans.

Le livre lui fut apporté avec empressement, par un elfe au regard brillant d’espoir. Le volume était épais, un peu poussiéreux. La couverture était d’un rouge passé, en cuir travaillé, sans titre. A l’intérieur, les formules se succédaient, entrecoupées d’incantations, toutes plus abstraites et hermétiques les unes que les autres. Celle que les elfes avaient employée paraissait claire au début, mais la fin ne l’était plus du tout, et c’était sans doute pour cette raison qu’ils n’avaient pu inverser le processus. L’espoir s’éteignit dans les yeux de Hans, et Cyril préféra sortir, serrant le livre machinalement sur son poitrail.

Plusieurs fois déjà on lui avait dit qu’il portait la magie en lui, qu’il devrait un jour la développer, il devrait pouvoir la faire agir ! Et avant tout il fallait qu’il trouve de l’eau.

Une sorte de sensation monta du livre dans son corps, et un objet, vu d’abord du coin de l’œil  attira son attention. Un nuage dans le ciel ! Un vrai nuage, de ceux qui portent de l’eau. D’ailleurs quelques gouttes tombèrent sur son nez, rafraîchissant les écailles brûlées de soleil.

En un éclair lui vint une idée, il y avait une chance, une seule, il fallait la tenter et faire vite.

– Prenez une ou deux affaires, ce à quoi vous tenez le plus, et rassemblez-vous près de l’arbre où je suis tombé !

Les elfes se précipitèrent, et quelques minutes plus tard, tous et toutes se tenaient près de l’arbre, portant de maigres baluchons. Cyril regarda l’arbre, il était le seul à être exactement semblable à cet autre, dans son monde, ce devait être un signe.

Les elfes se taisaient, serrés les uns contre les autres, les petits visages crispés par l’attente et la peur. Cyril ferma les yeux, serrant le grimoire contre lui, et forma une image dans sa tête.

Les minutes passèrent, vides et lentes. Puis un changement subtil se fit, le soleil perdait en intensité, provoquant les murmures chez les elfes. Un nuage ! gros, très gros, d’un beau gris foncé. Crispant les paupières, Cyril se força à une autre image. Que c’était difficile !

Les gouttes commencèrent à tomber, larges et drues, trempant la petite assemblée, collant les vêtements et les cheveux. Il y avait un léger creux au pied de l’arbre, qui la pluie commençait de remplir. La flaque ! elle se reformait ! et devenait rapidement une toute petite mare.

– Allez vite ! cria  Hans, pendant que Cyril se cramponnait à son image mentale.

Les elfes sautèrent dans l’eau, disparaissant immédiatement, les filles d’abord, puis les garçons, deux par deux, puis trois par trois. Cyril sentit que sa concentration se relâchait, il ne pourrait plus tenir très longtemps, et déjà ses pensées dérivaient, pendant que la pluie s’amenuisait et que le soleil revenait.

Les derniers elfes disparaissaient alors que le nuage se désagrégeait. La petite mare était déjà en train de s’évaporer, rétrécissant rapidement :

– Cyril, dépêche-toi !!! hurla Hans

 

– C’est un bien intéressant grimoire que tu m’amènes là, Cyril, fit Magnus Discus  tout en feuilletant les pages. Je l’étudierai à loisir, après le travail, mais sois tranquille, il restera bien enfermé ici.

– Il a fait beaucoup de mal, Messire Magnus, mais grâce à lui, j’ai pu nous  sauver.

– Le livre n’a rien fait, seule l’ignorance était en cause, reprit Magnus.

Tu devrais étudier la magie, il est certain que tu as des dons. Tes amis elfes ont eu beaucoup de chance, et ils sont les bienvenus ici.

– Ils peuvent rester ?

– Ici ou ailleurs, Le royaume du net est vaste !

C’est cela la vraie liberté.

 

Pour ma communauté : un dragon pour ami

et celle de Lénaïg : feuilletons, histoires à suivre

 

Bisous !

(article programmé )

Publié dans Cyril le dragon

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Commenter cet article

Tit'Anik 27/09/2013 23:37


Un petit coucou bien timide, cela fait si longtemps que je ne suis pas venue, ni donné de nouvelle, c'est pas gentil, je vais essayer de me rattraper. À bientôt je l'espère


Je t'embrasse

Hauteclaire 05/10/2013 13:54



Merci Francine,


je t'en prie ne sois pas désolée, car de mon côté, je suis à peine présente ! J'espère que tu vas aussi bien que possible, et je t'envoie de gros bisous.
A très vite, j'espère . Passe un bon we



chevrette13 28/08/2013 14:31


coucou, tu as des soucis ou tu as changé d'adresse ???


bisous

Nina Padilha 22/08/2013 18:35


Super ! Je me suis régalée !
Un vrai plaisir de lecture.
Et quelle imagination !
Mazette !
Bravo, ma belle !
Bisous !

Martine27 21/08/2013 18:16


Toujours aussi prenantes les aventures de Cyril. Et quelque part ton histoire est peut-être bien ce qui attend notre planète et ses apprentis sorciers, espérons que nous aurons un dragon pour
nous tirer d'affaire

margaux33 21/08/2013 09:43


superbe , vive la magie .bises