Les chants de l'amour et la folie

Publié le par Hauteclaire

 

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L'envie la regardait, dissimulée derrière les troncs humides, dégoulinants de la chair végétale décomposée, elle fixait la folie de son regard âpre. Qu'allait elle pouvoir lui arracher, et comment lui instiller son poison?
La folie ne la voit pas, elle ignore tout du danger qui la guette, et elle désespère.
L'amour a disparu, happée par le marais, évanouie dans quelque royaume mystérieux et caché. La folie se laisse tomber à genoux, harassée, la tête baissée. Un contact de velours ramène la vie en elle. Le blanc palefroi effleure de ses naseaux tendres son front moite.
Elle s'appuya contre le flanc soyeux, entourant de ses bras minces et blancs l'encolure puissante et suave, noyant son visage dans la crinière épaisse, qui se mêla de cheveux roux. Le destrier regarda vers la forêt profonde, et elle sentit le flanc vibrer contre elle. Il ne protesta pas quand d'un seul bond elle s'enleva, pour reposer son corps las et inquiet sur le dos immaculé. Il prit son élan, doucement d'abord, puis de plus en plus vite, entre les arbres noyés de brume, l'emportant là où il allait.


Le soleil finissait sa course, disparaissant au delà de l'horizon, illuminant la montagne de ses derniers rayons d'or en fusion. Le vent la faisait frissonner, apportant un parfum délicat d'herbe et de fleurs sauvages. Sa monture s'ébroua et reprit sa marche, posant délicatement ses sabots brillants sur la végétation luxuriante. La folie sentit la présence de l'amour, toute proche. Allait-elle pouvoir la reprendre? Contre sa jambe, le flanc puissant ondulait au rythme du galop qui l'emportait vers le sommet de la montagne, là où la lumière paraissait autre.

La folie se sentit saisie d'un sentiment de peur, mêlé de respect devant la grandeur de ce qui s'offrait à ses yeux. Derrière la brèche ouverte comme une plaie dans la montagne, une douce vallée s'étendait. Le vent léger lui apportait les senteurs douces des fleurs innombrables qui recouvraient le sol tel un tapis de roi. La lumière, baignée d'or, emplissait ses yeux, lui faisant perdre la mémoire de ce qu'elle venait de quitter. Au loin, un lac miroitait, ses eaux cristallines reflétant un ciel limpide. Le cheval parut attendre un instant qu'elle prenne sa décision. Si elle s'engageait, il n'y aurait plus de retour possible.
Il reprit sa marche, avançant en silence, ses sabots devenus souffle.
La folie se taisait, se retenait d'appeler. Allait elle retrouver l'amour en ce lieu?

 

Cet article pour la communauté de Kri : aux portes de l'imaginaire conclu mon défi perso  clic

Publié dans L'amour et la folie

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Oo° Kri °oO 07/02/2011 16:57



Comme c'est bien écrit ... tu es douée pour les mots!