Les vacances de Cyril: aventures dans les îles 5

Publié le par Hauteclaire

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Cyril et le continent blanc (suite)

Qu’est-ce qu’il faisait noir !

Il faisait encore nuit, sûrement, mais d’habitude, il y avait la lumière des étoiles qui entrait par le hublot de sa cabine, et celle de la lune aussi. Elle était presque pleine, c’est donc qu’il devait y avoir des nuages ?

Et son lit ? Cyril ne s’était jamais aperçu qu’il était si dur, et de plus les draps étaient tout mouillés, et froids. Il allait falloir qu’il les change au plus vite.

Mais pourquoi faisait-il si noir ? Mais oui, il avait les yeux fermés ! Quand on dort trop les idées ne sont pas nettes. Il faisait plutôt clair en fait, le jour se levait ?
Une lumière bleutée filtra entre les paupières de Cyril, achevant de le réveiller.
Les murs familiers de la cabine apparurent, la porte du petit placard, le minuscule cabinet de toilettes, le gros coffre par terre… Le petit dragon poussa un soupir de soulagement, pourquoi cette sensation de peur ?
Les murs devenaient transparents, s’évanouissant, remplacés par du bleu, nuancé de violet, un espace bien plus grand que celui de la cabine, et une sourde angoisse monta dans la gorge de Cyril, qui se redressa brusquement. La banquise ! Sa chute !
Tout lui revint en mémoire brutalement, il ne se trouvait pas dans sa cabine, à bord de l’Altaïr, il était tombé dans une crevasse, et maintenant où était-il ? et dans quel état ?
Lentement, il tâta  ses membres, il avait mal un peu partout, et surtout en respirant. Des côtes fracturées ? Il étira ses pattes, tout marchait de ce côté-là, et ses ailes ? Avec beaucoup de précautions, il les étendit, l’une après l’autre. Les os craquèrent, c’était douloureux là aussi, mais heureusement, il ne s’était rien cassé et en serait quitte pour de belles contusions.
Depuis combien de temps était-il là ? Sans doute pas très longtemps, la lumière avait la même intensité, là-haut, au-dessus de sa tête par la faille qui s’était ouverte. Pourvu que sur l’Altaïr ils ne se soient aperçu de rien ! Il ne voulait pas les inquiéter inutilement !
Cyril se redressa tout à fait, regardant autour de lui, l’endroit où il avait fait cette chute. Il se rendit compte qu’il se trouvait sur une espèce de large marche qui surplombait une crevasse.
Une crevasse ? En retrouvant tous ses moyens, il s’aperçut qu’il s’agissait d’une véritable caverne, un espace immense s’ouvrait en dessous de lui, aux dimensions de cathédrale et dont le sol échappait à son regard.
Cyril frissonna rétrospectivement. Il avait dû se cogner la tête sur le rebord de la faille, et s’il n’y avait pas eu cette aspérité dans  la paroi, il serait tombé tout au fond, des dizaines de mètres plus bas, et…
Il repoussa cette pensée, se redressant tout à fait, il fallait ressortir, et retourner au bateau !
Et le petit appareil photos ? Là, un peu plus loin, à demi enterré dans la couche neigeuse. Cyril étendit une patte, et se saisit délicatement de l’engin. Une petite vérification, il marchait toujours, et maintenant, direction la sortie !

Un dernier coup d’œil quand même.
La caverne s’était peut-être formée à la faveur d’un mouvement de la banquise ? Les parois bleu dur étaient verticales, et plongeaient dans un véritable abîme outremer. Y avait-il de l’eau tout au fond ? Il lui semblait entendre un léger clapotis, très lointain. Etait-il possible que la faille s’ouvre jusqu’à la mer ? Difficile à dire sans aller voir.
Le petit dragon se sentait tout à fait bien maintenant, l’idée d’un petit coup d’œil en volant un peu s’infiltra dans son esprit, et il s’avança sur le bord de la marche improvisée en regardant vers le bas.
Non, décidément, il faisait trop sombre dans le fond, les parois veinées de toute la gamme possible des bleus qui l’entouraient étaient d’une beauté saisissante, mais il venait de l’échappé belle, il ne fallait pas tenter la chance trop souvent. Il ramènerait quand même un souvenir de cette mésaventure. Et dire qu’il avait failli ne pas y penser !
L’appareil photo fut vite mis en marche, et Cyril mitrailla les parois, à différentes hauteurs, les rais de lumières par l’ouverture, qui faisaient comme des pinceaux dorés. L’avancée où il était tombé. Allons, ça suffisait,  il n’avait pas vraiment envie de s’attarder plus. Le clapotis en bas s’accentua, il y avait vraiment de l’eau qui coulait, où qui suintait par d’invisibles cassures de la roche recouverte de glace, et pas moyen de rien voir. Cyril remit le flash en action et prit quelques clichés supplémentaires en visant au hasard vers le fond, il verrait peut-être plus en les regardant ce soir, sur l’écran d’un des ordinateurs de bord ?
Serrant fermement l’appareil dans ses pattes, il prit son envol, et en deux coups d’ailes se trouva à l’ouverture, qu’il franchit avec adresse.
Ouf, c’était bon de se retrouver à l’air libre ! Toutes ces péripéties n’avaient pas dû durer très longtemps, le soleil se trouvait à peu près à la même place, et sur l’Altaïr, les marins finissaient de remettre les voiles en place. Le calme régnait, malgré quelques nuages un peu plus loin,  c’était bien, personne n’avait eu le temps de se rendre compte de sa disparition.
Cyril regarda une fois encore la banquise, c’était si beau ! Des ombres violettes se dessinaient sur le sol, pendant que le soleil faisait miroiter les cristaux de neige comme de petits diamants, et le ciel d’un bleu …impossible de le décrire.

Quelques clichés de plus, quand soudain un son discordant le fit sursauter :
– Cyril, qu’est-ce que tu fais, nom d’un canon ! Il est temps de repartir !
Barbe d’Or avait pris son porte-voix, et le rappelait ainsi à l’ordre sans ménagement.
Le dragon ne se le fit pas dire deux fois, et s’envola pour se retrouver sur le pont dix secondes plus tard.
– Et bien il était temps ! Je t’avais dit une heure, et cela faisait presque deux ! Qu’est-ce que tu pouvais bien faire sur ce bout de banquise nu ?!!
Cyril bredouilla quelques mots sur les photos, la beauté du paysage, et s’empressa de filer vers sa cabine, où il déposa l’appareil bien en sécurité dans le coffre, coincé entre deux couvertures, et son oreiller (impossible de voyager sans son propre oreiller)
Il en profita pour se changer, et regarder s’il avait des marques conséquence de sa chute. Là, sur le côté, il était gonflé, une belle bosse en perspective, et deux trois écailles arrachées. Rien de bien méchant.
L’inspection faite, il remonta sur le pont pour assister à la manœuvre, et voir si on avait besoin de  lui. Les voiles étaient redéployées, et l’Altaïr reprenait sa course, cap au nord, plein nord. Il fallait retrouver la route qui était la leur avant la tempête, pour aller naviguer dans le Pacifique. Cyril vit tout de suite que les mines étaient soucieuses, John le rouge pointait sa longue vue dans la direction des  nuages que Cyril avait vus un moment plus tôt. Ils s’étaient considérablement épaissis, c’était maintenant une vraie barre d’un gris sale qui allait les rattraper.
– Capitaine, fit John le rouge, la tempête revient !
– Je vois bien garçon, et cette fois, je ne sais pas comment le bateau va tenir !
Le vent commençait de souffler, et la mer se creusa subitement, entraînant l’AltaIr vers

Des flots vert sombre à la profondeur insaisissable. Cela s’annonçait mal, et Cyril se sentit pris de nausées à la perspective de devoir retraverser la tempête.
– Cyril, hurla Barbe d’Or pour couvrir le bruit du vent,

Essaie de voler en avant et de nous trouver une connexion pour nous sortir de là !
Le dragon se mit en action immédiatement. En avant du bateau, il y avait encore une zone de calme, et avec ses perceptions toute particulières, il chercha l’entrée d’une connexion les menant là où ils allaient,  vers les mers chaudes de Polynésie. Là ! il y avait un passage ! Pas le temps de vraiment vérifier, cela semblait être la bonne direction.
L’Altaïr s’engouffra à sa suite, et quelques instants plus tard, émergeait sur un océan calme, s’étendant à l’infini. Le point montra qu’ils étaient en plein Pacifique, pas exactement là où il aurait fallu, mais c’était quand même mieux que la tempête.
Barbe d’Or envoya Cyril dans sa cabine pour qu’il prenne du repos, ce que le dragon fit avec reconnaissance.
Au réveil, il se sentait frais et dispos, mais il faisait nuit, une belle nuit éclairée cette fois par une pleine lune bien réelle. Au loin les falaises d’une île se dressaient, vers lesquelles le bateau se dirigeait en silence. Cyril pouvait se rendormir un bon moment, mais avant il voulait regarder les photos prises plus tôt, dans cet autre monde.
Les clichés défilèrent sur le petit écran de contrôle de l’appareil, ils étaient très réussis ! et feraient l’admiration de tous dans le royaume Pc. Ceux de la faille arrivèrent, et Cyril ne put réprimer un sursaut.
Dans la lueur du flash, loin vers les profondeurs, deux gros yeux globuleux braqués sur lui, et l’éclat des dents.

 

 

A suivre !

Publié dans un dragon pour ami

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Martine27 22/09/2012 17:42


Voilà des vacances mouvementées !

Hauteclaire 23/09/2012 02:05



Mais tellement intéressantes


Gros bisous Martine



Nina Padilha 21/09/2012 17:07


J'ai failli laisser passer cet épisode (la faute au nouveau PC...)
Mazette !

Hauteclaire 23/09/2012 02:37



Bonsoir Nina,


j'espère que ce nouveau pc va très vite t'obéir correctement !


Gros bisous



flipperine 20/09/2012 23:25


quel courage pour écrire tout cela

Hauteclaire 23/09/2012 02:42



Courage, non, je ne pense pas, mais du temps, et ça ce n'est pas facile


Bisous Flipperine



erato :0059: 19/09/2012 21:38


Cyril va nous les montrer ses photos? Va-t-il retourner voir " la chose" sur la banquise? J'espère qu'il ne s'est pas fait trop de mal.Belle soirée et merci Hauteclaire

Hauteclaire 20/09/2012 02:09



Bonsoir Andrée,


Je crois qu'il les a bien rangées dans son coffre, et qu'il n'a pas trop envie d'y retourner ! C'est un dragon raisonnable !
Sinon, il ne s'est pas fait très mal et il t'envoie un bisou bien flambé auquel je me joins.






emma 19/09/2012 10:38


un panaché des histoires qui ont enchanté notre enfance, brillamment mis en secne pour écran panoramique

Hauteclaire 20/09/2012 02:59



Merci Emma


bienvenue au cinéma dragon !


Et des bisous