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Bonjour, je m'appelle Cyril et je vous accueille dans ce blog 

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Octobre 2013 

Thème du mardi 8 octobre : souvenirs de vacances

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Thème du mardi 22 octobre: champignons

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Thème du mardi 5 novembre : vols d'oiseaux

Thème du mardi 12 novembre : toiles d'araignées

Thème du mardi 19 novembre : sillages

Thème du mardi 26 novembre : clair de lune.

Thème du mardi 3 décembre : rouge,jaune, vert, couleurs d'automne

Thème du mardi 10 décembre : poissons

 

 

 

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Week-end du 9/10 novembre : chaussures anciennes (Anika)

Week-end du 16/17 novembre : libre

Week-end du 23/24 novembre : libre

Week-end du 30/1er decembre : les arbres remarquables (Murielle)

Week-end du 7/8 décembre : les cages à oiseaux (Hauteclaire)


 

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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 17:47

Il y a un moment que je n'ai pas écrit, n'est- ce pas ?

Pour la communauté de Pascale Tricotine, " les croqueurs de mots"   

Pascale reviens !!

 

 

Il ne mord pas ?

 

‒  Il ne mord pas ?

C’est drôle de voir à quel point on peut ensevelir les souvenirs, et encore plus de constater avec quelle violence ils peuvent vous sauter au visage, et à la mémoire, au moment auquel on s’attend le moins, le plus inattendu.

J’avais oublié …

Drôle n’est d’ailleurs pas le mot qui convient. Etonnant, dramatique, surprenant, il y aurait une foule de termes.

La question m’était posée il y a quelques temps par mon chéri du moment, avec un sourire espiègle qui est bien dans sa nature. Le tout avec une petite tape sur la tête de l’intéressé.

Le chéri s’appelle Gabriel. Je ne le connais pas depuis très longtemps, mais je pense que nous pourrons faire un bout de route ensemble. Qui sait, peut-être même envisager de faire des projets à deux.

Il est calme, gai et optimiste, qualités qui me font cruellement défaut et que j’aime chez un homme. Et surtout il est gentil.

Quant à celui autour duquel tournait sa question, il trônait, et trône sur le tapis de notre chambre, avec son air vigilant de toujours et ses yeux brillants. Il m’est infiniment précieux et me suit fidèlement de maison en maison. Vous pensez à un chien ? Une sorte de mâtin qui veille sur moi avec attention ?

Pas un chien, un tigre. Imposant avec sa fourrure rousse et ses yeux verts phosphorescents dans la nuit.

Dangereux ? Pas vraiment, ce tigre est une peluche de grande taille que j’ai toujours eue ou presque.

L’allure est fière, bien que le poil soit un peu passé, et qu’il y ait quelques reprises par-ci, par-là. Pas question qu’il quitte le pied de mon lit, là où je peux voir le regard lumineux en pleine nuit, si je ne dors pas.

Gabriel l’a très bien compris, et s’il me taquine de temps en temps, cela ne va jamais plus loin.

Mais il m’a posé cette question.

‒ Il ne mord pas ?

Immédiatement il a senti le changement d’ambiance, et m’a regardée, vaguement inquiet.

‒ Qu’y a-t-il ? Ça ne va pas ?

Je venais d’être ramenée brutalement trois ans en arrière. A cette époque … non, je ne veux même plus prononcer son nom, était entré dans ma vie. Une erreur, une très grosse erreur, je n’avais pas tardé à m’en rendre compte. Pas de brutalité, ou pas encore. Une présence insidieuse, de plus en plus pesante. Un dénigrement systématique de mon entourage, des manœuvres pour me séparer de ma famille. Des pressions pour vivre dans l’isolement, des reproches sans fin. Je crois que beaucoup de femmes, et sans doute d’hommes, ont vécu cet enfer d’un quotidien perverti.

On a l’impression d’un tunnel étouffant. Pire que tout,  on ne sait plus comment faire pour s’en sortir, englué dans toile tendue par un autre agrippé à votre âme.

Je sentais que le danger se rapprochait, Mes tentatives d’éloignement avaient lamentablement échoué. Les disputes, moi qui les ai en horreur, se faisaient plus nombreuses. Je devrais plutôt parler d’une litanie ininterrompue de griefs et de jérémiades qui m’épuisait, me faisait céder et reculer.

Pourtant le regard en disait long, et je savais qu’un drame, un vrai danger, n’allait pas tarder.

Cet instant a fini par arriver, un soir, après une énième discussion. J’avais fini par dire que je voulais le quitter, ou à tout le moins faire une pause dans notre relation.

Bien sûr nous resterions amis, les formules consacrées en la circonstance.

J’avais pris une gifle magistrale, suivie d’excuses mielleuses sensées me convaincre que cela n’arriverai plus jamais. Que seul son amour et la peur de me voir partir avait provoqué le geste.

Je n’y croyais pas un seul instant, bien évidemment, et drapée dans ce qu’il me restait de dignité, je quittais la chambre, la mienne pourtant, pour essayer de me reposer sur le canapé du salon.

Dormir ? Je n’y songeais pas. Réfléchir, réfléchir encore, à la meilleure façon de me sortir de cette situation. Aller dans ma famille, à l’étranger, toutes les idées les plus folles se succédaient en rangs serrés.

En me voyant sortir il avait donné un coup de pied rageur au tigre :

‒ Et lui, il va me mordre ?

Finalement, ce n’était pas tout à fait la même chose. J’avais fermé doucement porte, et le canapé m’avait accueillie en ami de tout temps.

J’avais finalement dormi, tout de suite. L’émotion sans doute. Un sommeil profond, sans interruption. Peuplé d’images troubles, obsédantes et informes. De bruits aussi, mais lesquels ? Impossible encore maintenant de m’en souvenir et de dire.

Je me suis réveillée avec le jour et un rayon de soleil. Tout de suite, j’ai ressenti cette merveilleuse impression de calme, de sérénité et même de gaité. Etait-ce possible. Je n’osais y croire.

Il n’y avait personne dans l’appartement, plus personne, comme s’il n’avait jamais été là.

Il était parti pendant que je dormais ? Incroyable ! D’autant qu’il avait laissé ses affaires répandues un peu partout. Pour un maniaque de l’ordre, c’était tout aussi curieux. Je m’en suis débarrassé, et j’ai déménagé peu après.

Je n’ai plus jamais entendu parler de cet homme.

‒ Ça ne va pas ?

Le ton de Gabriel était monté d’un cran, franchement inquiet cette fois.

‒ Si, si. Très bien !

J’ai fait un clin d’œil au tigre, ferme à son poste, silencieux.

Il ne mord pas ? Qui peut dire…

Il n’y a plus trace de la tache rouge qui maculait la fourrure de son menton.

 

 

( Je m'empresse de dire que c'est fiction pure ... mais un oeil vert me regarde ...)

 

Bisous !

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 08:00

 

Bonjour amies et amis des croqueurs de mots, la communauté de Pascale

 

le-defi

 

Cette quinzaine la coquille est barrée par Lénaïg qui nous a proposé son défi en ces termes :

 

 

1) Faisons la fête au vent ! Il nous en faut pour gonfler les voiles ! Alors, laissons-nous porter ! Je crois que nous avons déjà eu le vent pour défi, mais pourquoi ne pas recommencer ? Si nous n'avons pas peur d'essuyer une tempête, affrontons-en une (tout est permis : une tempête dans un verre d'eau aussi bien qu'une tempête médiatique ou tout ce qui nous passera par la tête, même le manque de vent ...). Si nous nous sentons inspirés, nous pouvons écrire un bulletin météo, pittoresque, humoristique, déjanté ... Brise ou bise, noroît ou suroît, mistral, tramontane, foehn, sirocco, simoun, celui qui nous inspirera, puis nous pouvons le faire parler, qu'il devienne un personnage, pourquoi pas de théâtre ? Ecrire, mais aussi peindre et dessiner, pourquoi pas ! Je lance ces idées mais je ne sais encore point ce que chez moi cela va donner !

 

 

 

De Promenade au bord de l'Ehn

 

 

 

Le parc

 

J’aime ce parc, c’est un endroit où je me ressource, où je me sens en paix.

Il n’est pas immense, pas minuscule non plus. On peut y marcher dans de jolies allées ombragées, en longeant un tout petit cours d’eau. Il me suffit d’entendre le  doux clapotis du ruisseau pour me sentir apaisée. Plus loin, on débouche sur un sentier de randonnée, qui lui serpente au creux d’une vraie forêt. A cet endroit le ruisseau prend de l’importance pour devenir vraie rivière qui abrite des poissons et laisse voir un fond clair de cailloux polis  et blanchis par les déambulations de l’eau.

Plus loin encore, des champs où le blé s’élève jusqu’à hauteur d’homme, bordant la forêt et ses arbres à l’ombre épaisse.

Ce chemin, je le réserve aux beaux jours, quand le ciel a revêtu son habit le plus bleu, sans nuages et que le soleil joue à cache-cache dans les feuilles.

Profiter de la fraicheur du sous-bois, entendre le craquement des troncs, tout en admirant l’agilité furtive d’un écureuil venu guetter l’intruse que je suis dans ce monde vert et or, est un bonheur sans mélange.

Cette journée-là, il faisait tout aussi beau, mais la relative fraicheur d’un matin m’avait convaincue de ne pas m’aventurer plus avant. Il était de très bonne heure, car j’avais besoin de réfléchir avant de me rendre à un rendez-vous important pour ma carrière.

J’avais aussi besoin de me détendre. Mon Dieu quand j’y pense …

Tout ce qui peut avoir une importance cruciale à un moment, et qui se révèle totalement dérisoire quand les certitudes disparaissent.

Je marchais tranquillement, tout en repensant à ce que je devais dire pour soutenir mon projet au mieux. Cela faisait des semaines que je travaillais sur cette étude de marché, et au dernier moment le doute, le trac m’assaillaient. Une promenade improvisée s’imposait.

J’avais passé de longs moments assise sur mon banc préféré, mes papiers étalés près de moi sur les lattes dures, peintes en vert foncé. Bien souvent un délicieux pain aux raisins avait accompagné ces séances de travail en plein air. Pour faire une pause, j’étendais mes jambes, me laissant aller sur le dossier.

Le spectacle simple et frais du jet d’eau retombant en sons cristallins et ténus, dans la vasque toute simple de la fontaine suffisait à me délasser. Juste derrière la fontaine, une petite chapelle, posée sur l’herbe comme un jouet, la statue sereine de la Vierge, semblaient m’accueillir et me sourire.

J’étais seule dans le parc durant cette matinée ensoleillée. Pas de crainte, il est si tranquille. Un havre de paix dans une petite ville encore assoupie. Il fallait malgré tout que je fasse attention à l’heure, mon train pour la métropole toute proche, n’attendrait pas.

Des détails sans importance me sont restés en mémoire. Comment j’ai admiré le nouveau massif de fleurs au milieu de la pelouse bien nette. La façon dont j’ai dit bonjour au grand arbre si familier, avec une caresse sur le tronc sombre et rugueux.

Je me suis assise en serrant mon porte-documents, devant la chapelle. Un vitrail luisait au soleil et le sourire de la Vierge était toujours aussi ineffable. Je me suis dit que j’allais réussir, il ne pouvait en être autrement, je m’étais tellement préparée.

Le petit courant d’air frais m’a saisie à ce moment, me faisant frissonner. Il était vraiment froid, tranchant, dans la douceur de la matinée, m’obligeant à revenir à la réalité, après un instant de rêverie et de contemplation. Il était temps de partir.

Je me suis levée en resserrant ma veste, cette brise était décidément réfrigérante.

Sac sur l’épaule, et serviette à la main, j’ai repris l’allée au bord de l’eau, marchant d’un bon pas. Un sourire vers l’arbre, un regard pour un papillon blanc voletant de fleur en fleur dans le massif. Rien ne bougeait malgré ce vent sournois, pas une feuille, ni un brin d’herbe. Sur le sol, un bout de branche était tombé, morceau noueux et noir, abandonné par l’arbre qui l’avait créé. Je l’ai enjambé.

Une brève sensation de vertige, ce que l’on pourrait appeler un blanc. Du moins c’est ce que je crois avoir ressenti. J’étais toujours dans l’allée, marchant d’un pas pressé, et je me souviens avoir pensé que le brouillard tombait rapidement. Un brouillard totalement imprévisible qui recouvrait peu à peu la verdure du parc. Tout n’était plus que silence autour de moi. Pas le moindre frémissement des feuilles dans la brise, pas une aile, pas un chant, il n’y avait que ce silence ouaté et morne.

Les arbres n’étaient plus que des silhouettes fantomatiques allongeant leurs bras nus vers le ciel. Nus ? les branches étaient bien garnies, éclatantes de vert ! Plus loin, là-bas, là où un portillon s’ouvrait sur la rue, des volutes de brouillard s’enroulaient doucement, me dissimulant la grille ouvragée et sa poignée. J’avançais un pas après l’autre, mécaniquement. La sortie, et derrière elle la rue, la gare, mon train, tout un monde habituel et rassurant.

Un pas après l’autre, et puis ce grincement de la petite porte qui s’ouvrait toute seule. Jamais je ne l’avais vue s’ouvrir seule et les gonds bien huilés ne faisaient pas de bruit !

Mes cheveux se sont hérissés sur ma tête et j’ai fait demi-tour, me mettant à courir comme une folle. L’allée m’a paru s’être étirée sans fin, balayée par ce vent froid qui me suivait et m’enveloppait comme un drap mouillé.

La branche tombée était toujours au même endroit, j’ai bondi par-dessus.

Ensuite ? Tout à coup il faisait beau à nouveau. Le papillon butinait dans son massif, et les feuilles jouaient avec les rayons du soleil. Graduellement j’ai repris mon souffle, serrant convulsivement ma serviette sur ma poitrine. Tremblant sur mes jambes, me forçant à sourire aux quelques personnes qui arrivaient pour une première promenade, je suis repartie vers la sortie. En voyant de loin le bout de bois mort au sol, j’ai changé de chemin.

Que s’est-il passé ce jour-là ? Mauvais rêve, hallucination ? Autre chose ?

J’avais raté mon train, j’avais même raté deux trains. Je croyais n’avoir passé que quelques minutes dans le vent et le brouillard, et deux heures s’étaient envolées.

Comment, pourquoi ?

J’aime ce parc, mais je ne sais pas si j’y retournerai.

 

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 08:00

Bonjour les matelots de la coquille des croqueurs de mots, la communauté de Pascale .

 

le-defi

 

 

Il y a une semaine, je vous proposais les défi n°94 en ces termes :

 

 

Silence on tourne !

Un film vous reste en mémoire depuis longtemps, depuis toujours. Ou bien une série télévisée. Ce film, ces épisodes, vous y repensez régulièrement et surtout … vous regrettez qu’ils se soient arrêtés là ! Vous en êtes sûrs, il faudrait une suite.

Alors, c’est le moment, vous êtes le metteur en scène et auteur de cette suite. Mais pour que ce film, cette suite, voit le jour, il faut présenter un projet aux producteurs pour les convaincre.

Vous allez donc nommer le film d’origine, et en faire un petit résumé (surtout s’il n’est pas très connu) Ensuite, il faudra donner un titre à votre œuvre, et faire un plan de ce qui se passera. De ce plan, vous extrairez une scène, sous forme de script. Décrire ce qui arrive, le décor, les indications que vous donnerez à vos acteurs, et quelques lignes (ou plus) de dialogue. Vous pouvez aussi choisir vos acteurs, et suggérer qui vous voyez dans les rôles. Choisir aussi une musique qui vous parait « coller » si une vous vient en tête. Si vous aimez dessiner, faite-vous plaisir, comme à nous, avec quelques cases de storyboard, qui montrent votre décor par exemple.

Que votre film de référence soit un polar, un film d’action, d’amour, historique, de sf ou d’horreur, ancien ou récent, tout est possible, c’est vous qui décidez !

Votre script est à poster pour le lundi 21 à 8 heures, sous le pavillon de la communauté.

Pour les jeudis en poésie, je vous propose pour le 17 : la femme fatale  et pour le 24 : le héros

( si vous préférez faire une analyse d’un personnage de ce type, c’est possible aussi )

Voilà, très bonne traversée, et surtout amusez-vous !

 

J'espère que l'inspiration vous a visités et que les producteurs n'ont qu'à bien se tenir !

 

Quant à moi, voici mon script ...

 

Les anges en feu

 

Suite du film Blade runner

 

Blade Runner ( résumé)

 

Los Angeles 2019

La colonisation inter planétaire est devenue une réalité, et pour investir les territoires lointains, une nouvelle espèce humaine a été créée, les répliquants. Plus forts, plus endurants, ils surpassent les hommes. Pour limiter leur action, leur espérance de vie ne dépasse pas quatre ans et la terre leur est interdite. Un petit groupe d’entre eux s’échappe d’une colonie, et parvient à rejoindre la planète des origines. Démasqués aussitôt, ces quatre réplicants deux hommes et deux femmes, sont poursuivis par Deckard, un « blade runner » un faucheur. Dans une ville noyée de pluie, où la vie animale ne subsiste que sous forme artificielle, la chasse commence. Deckard  éliminera les uns après les autres des êtres venus chercher le moyen de prolonger leurs vies auprès de leur concepteur, le docteur Tyrell.

Le dernier combat de Deckard lui fera affronter Roy Batty, le plus fort des réplicants et leur chef. Celui-ci, rattrapé par sa fin programmée, lui laissera la vie sauve.

Deckard prendra alors la fuite avec Rachel, la dernière création des industries Tyrell.

 

Intro de la suite :

 

Los Angeles 2050

Après la mort du docteur Tyrell, et le scandale accompagnant la révélation au grand public des limitations vitales des réplicants, les industries Tyrell ont été fermées. Il n’y a plus de nouvelles générations, les nexus six et sept se sont éteints progressivement.

La tour qui abritait le complexe de création a été transformée en une gigantesque bibliothèque, où se trouvent toutes les archives de la ville. Les archives de la Tyrell corporation subsistent également, et les dossiers concernant la biomécanique humaine sont régulièrement consultés par les étudiants de dernier cycle, avant leur départ vers les régions extérieures.

 

 

Résumé de la suite :

 

Nathaniel, étudiant et chercheur, spécialisé dans la génétique et la régénération tissulaire, fait de nombreuses recherches dans la bibliothèque Tyrell. Il espère ainsi retrouver le procédé par lequel les réplicants arrivaient à remplacer des tissus, des organes et des membres accidentés, voire sectionnés,  régénération toujours impossible à l’espèce humaine. Le secret de l’élaboration des programmes génétiques a été perdu depuis l’interdiction de la réplication, aussi espère-t-il le découvrir dans l’amoncellement de documents encore disponible.

Il a aussi un intérêt tout personnel, étant le fils de Gaff , le policier qui autrefois marcha sur les traces de Deckard. Il espère ainsi retrouver l’ancien blade runner, et avec lui Rachel, l’unique représentante de la génération nexus 8, sans limitation de vie, et pouvoir l’étudier. Une enquête semée d’embûches, où une mystérieuse organisation semble le contrer, le mènera de New York à la base de Titan, puis de retour sur terre, dans une région inaccessible de l’Asie.

Là, survit une nature encore intacte, sauvage, où de vrais animaux hantent une forêt impénétrable, encerclée de montagnes pratiquement infranchissables.

Le hasard lui fera rencontrer un noyau de civilisation. Parmi les personnes vivant là, il comprend avoir affaire à Deckard et Rachel, dans le couple qui l’héberge.

Nathaniel arrivera à les convaincre de lui parler, et comprendra ainsi l’ultime secret. La durée de vie des réplicants était limitée, pas celle de leurs descendants.

Beaucoup de ceux-ci ont quitté leur retraite, et vivent parmi les hommes qui jadis les pourchassaient. A l’insu de tous, une nouvelle humanité se prépare.

Nathaniel pourra-t-il garder le secret ? C’est sans connaitre cette réponse qu’il quitte la vallée en compagnie d’un groupe de jeunes gens.

De retour dans la bibliothèque, un dernier document lu, lui fera comprendre que son propre père était un  nexus 7.

 

Plan des premières scènes :

 

1°) dans la bibliothèque. Discussion entre Nathaniel et un ami, David.

2°) Entretien entre Nathaniel et son maître recherche. Celui-ci fait preuve de l’ancien racisme contre les réplicants.

3°) Scène en ville. Nathaniel rentre chez lui. Sous la pluie, similitude de plan avec le premier film.

4°) Nathaniel chez lui. Intérieur très blanc, très géométrique. Plusieurs écrans de télé géants, avec le même type de publicité japonisantes que dans le premier film. Il étudie, et compulse des rapports de police manifestement volés, qu’il sort de boites en cartons cachées dans un coffre mural.

5°) Lecture des rapports de police. On comprend que Gaff a poursuivi Deckard et Rachel. Nathaniel repense à son père, images flash back. Il regarde une petite vitrine où s’aligne une rangée de  pliages origami.

Il décide de partir vers Titan, où la trace des fugitifs avait été retrouvée.

6°) Extérieur en ville. Nathaniel à pied, est bousculé, et manque de tomber sous la rame du métro. Veut-on l’empêcher de continuer ses recherches ?

 

                                                                         ********

 

Scène de la bibliothèque.

 

Ouverture avec plan de la tour Tyrell, de nuit. Elle est très éclairée, et la caméra monte le long de la façade, de plus en plus près. Gros plan sur une très grande baie, puis entrée dans l’intérieur de l’édifice, doucement.

Immense salle de bibliothèque, sous un éclairage chaud et assez doux. Lumières à tendance orangée. Des dizaines de tables, en alignement géométrique, comme des bancs d’église. Tables, planchers, chaises en bois, couleur ambrée. De place en place, des lampes de bureau, support métal cuivré, et globe allongé vert émeraude. Le long des murs, des rayonnages, du sol au plafond. Le tout donne une sensation de perspective sans fin. On distingue des livres, des supports informatiques. Au mur du fond, des écrans diffusent des images brillantes sans le son. Il y a un film, une conférence, un documentaire nature, les cours de la bourse, une scène d’émeute. Un orchestre en plein concert.

Le tout doit donner une impression de grande agitation, en contraste avec l’intérieur de la bibliothèque, qui est extrêmement calme, et où il y a peu de monde.

Retour sur la salle elle-même. Cà et là, des étudiants au travail, penchés sur un livre, ou sur un ordinateur. Quelques-uns circulent dans les allées, avant de s’asseoir. Un rire éclate entre un garçon et une fille, qui s’interrompt presque immédiatement.

Deux hommes un peu plus âgés disputent une partie d’échec. La caméra passe sur eux, bribe de dialogue :

« Fou sur la reine trois ».

Elle vient se fixer sur deux jeunes hommes, la trentaine, qui parlent à voix basse. Ils sont assis l’un à côté de l’autre.

Nathaniel est très brun, les yeux clairs. David est châtain, les cheveux ébouriffés, les yeux noisette. Devant eux, une pile de documents jaunis, et un ordinateur ultra plat, où défilent des chiffres, des formules mathématiques.

 

Début de dialogue entre Nathaniel et David :

 

David :

‒ Tu es encore plongé dans ces vieux dossiers ? Il n’y a que toi pour s’intéresser aux recherches de la Tyrell corp ! On sait bien que cela ne menait qu’à une impasse. Les codes génétiques qui permettaient ces régénérations entrainaient par ailleurs de telles erreurs, que ces malheureux ne pouvaient espérer mieux que les quatre ans qui leur étaient alloués …

Nath :

‒ Tu as peut-être raison, mais moi je reste persuadé qu’il y a un moyen. Tyrell ne s’était pas arrêté là.

David (penché sur les notes de Nath)

‒ Tu penses toujours qu’il avait créé un prototype de génération nexus 8 ? Rien ne prouve que cette femme dont on a parlé ait réellement existée, et qu’elle n’ait eu aucune limitation vitale.

Nath

‒ C’est ce que pensait mon père, et il connaissait bien son travail. Il les avait poursuivis quelques temps avant d’être suspendu, puis écarté du dossier.

David

‒ Suspendu ? J’ignorais ce détail. Pourquoi ?

Nath

‒ On le soupçonnait de les avoir laissé filer intentionnellement. Il a pris sa retraite peu après.

David (étouffant un petit sifflement)

‒ Je ne savais vraiment pas ! Il n’était pas trop amer ?

Nath

‒ Non, je crois qu’il en avait assez de ces chasses et des tueries qu’elles entrainaient. Un soir, il m’a laissé entendre que Deckard  en était aussi arrivé là. Au bout de quelques années, les « retraits » comme on disait à cette époque, n’étaient ni plus ni moins que des meurtres.

David

‒ On peut les comprendre. Et malgré tout ça, tu voudrais remettre la main sur ce nexus 8 ?

Nath

‒ Rachel, elle s’appelait Rachel. Songe un peu. Une simple prise de sang pourrait me fournir la clé des mutations ADN générées. Quel progrès dans la médecine !

David

‒ Tu la mettrais en danger !

Nath 

‒ Rien ne m’obligerait à révéler d’où je tiens cette découverte ! Je fais assez d’expériences pour prétendre avoir trouvé dans mes éprouvettes !

(Il baisse la voix)

Mon père avait retrouvé leurs traces sur la colonie de Titan. Je vais y aller très bientôt…

 

                                                       ***********************************

 

Distribution :

Nathaniel: Matt Bomer

David :  ?

Deckard : H. Ford

Rachel : Sean Young

 

 

Musique de Luc Ferrari :  harmonie du diable

 

(sans oublier d'arrêter les oiseaux à gauche)

 

 


 

 

 

( PS si vous connaissez Ridley Scott , n'hésitez pas à lui envoyer ce script   ) 


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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 08:00

 

Bonjour les aminautes. Cette quinzaine, à la barre de la coquille des croqueurs de mots , la communauté de Pascale, tenant fermement le cap, Jill Bill , qui nous a lancé un défi en ces termes :

 

Oyez oyez les Croqueurs (Pascale la tricôtineuse) 

Moussaillons de la Coquille

JB capt'aine n°91 à la barre

Quinzaine du 26 novembre au 9 décembre 2012

Vous salue bien !

 

Pour le lundi 3 décembre 2012

Je propose le thème « Mon chez moi, ma maison »

Humour, sérieux, prose, poésie... Réelle ou imaginaire !

Programmez la voile à huit heures

(Dans la communauté des Croqueurs de Mots !)

Merciii 

 


 

le-defi

 

 

 

 

Ronde de nuit

 

           Je ne peux pas dire que ce soit vraiment ma maison, j’y ai juste un petit studio de fonction, qui me permet de me reposer, les nuits, entre deux inspections. J’y suis tranquille, à mon aise, je m'y sens chez moi. J’ai apporté quelques affaires, en plus de celles qui étaient déjà installées. Rien de bien luxueux. Un lit, une armoire, une table. J’ai ajouté la télé, de la vaisselle, un tableau que j’ai peints et mon chevalet. J’aime bien peindre à mes moments perdus, et pour cela il faut tout un matériel. Les couleurs, les pinceaux, les solvants. Quelques toiles vierges. C’est tout ce dont j’ai besoin pour être heureux, et m’occuper quand il ne se passe rien. Parfois les nuits sont longues voyez-vous.

Je suis ce que l’on appelle agent de sécurité incendie, dans un immeuble à grande hauteur. Pour le public, c’est une tour. Terme banal qui ne représente pas vraiment ce qu’est un bâtiment de ce style.

Celui-ci fait quarante étages, des bureaux, des boutiques, un petit club sportif, et des logements locatifs. Une vraie ville en réduction à lui tout seul, en fait d’immeuble.

Bien sûr, je ne suis pas seul à y travailler. Nous sommes toujours par équipe de trois. Une personne est à l’accueil, et nous sommes deux à nous partager le côté sécurité. Il faut surveiller le tableau électronique qui contrôle toute la tour, et qui déclenchera une alarme au moindre problème, à la moindre étincelle, et faire les rondes. 

Il faut aussi répondre aux demandes des personnes qui vont et viennent, leur rendre la vie plus facile, ou bien être prêt en cas de problème plus sérieux. Rien de très compliqué comme je vous disais, mais il faut être vigilant.

Et puis, après dix heures du soir, il ne se passe plus grand-chose. Les boutiques sont fermées, la salle de sport aussi. Il ne reste plus que les allées et venues des résidents et leurs éventuels invités.

Je prends mon service en général le soir, à dix-huit heures, et je suis là jusqu’au matin, moment de ma relève. Quelques mots échangés avec celui qui surveille le bureau, et j’entame ma première ronde technique. J’aime bien ces moments passés en solitaire, à parcourir les couloirs et les escaliers. Je commence par le dernier étage, celui des machineries. Vérifier si les moteurs d’ascenseurs tournent sans accroc, que la ventilation ronronne comme un chat satisfait. L’accès à la terrasse doit être fermé en permanence, mais parfois, je sors quelques instants pour voir le soleil se coucher, un spectacle magnifique à cette hauteur.

Redescendre par l’escalier de secours. Surface nue de béton gris et beige, avec une rampe droite pour seule décoration. Mes pas y résonnent, alors que je descends, prolongeant leurs échos jusque loin dans les étages. A chaque palier j’ouvre la porte, vérifier que rien n’a été laissé hors des appartements, que les lampes fonctionnent bien, que toutes les portes sont fermées. Et puis je reprends ma lente déambulation.

Aux étages des boutiques, je marche dans un univers de miroirs, de transparences, de glaces. Tout y est blanc, chromé, et les mannequins dans les vitrines semblent suspendus dans leurs gestes pour l’éternité.

Le silence y règne, troublé seulement par le léger chuintement de la circulation d’air entretenue vingt-quatre heure sur vingt-quatre. Un air frais, inodore, qui convient bien à cet univers immaculé et vide.

C’est très calme, cette ronde que je répète toutes les quatre heures, me fait parfois penser à une sorte d’image de l’ordre du monde, tel qu’il devrait être.

La descente continue, jusqu’aux sous-sols, la chaufferie, et ses commandes de vapeur. Les réservoirs d’eau pour les pompiers, en cas d’incendie, et les entrées de parking finalement. Il ne me reste plus qu’à remonter avec mon collègue. Nous bavardons, un peu. Nous lisons, tout en surveillant les écrans de contrôle.

Quand sept heures arrivent, il est pour moi temps de passer la relève, et de dormir un moment dans mon studio.

Je vous ai dit, c’est un peu ma maison, même si j’en ai une « vraie » ailleurs, et les incidents sont rares. Rares, très rares jusqu’à une date récente, où  ils semblent se multiplier.

La toute première fois, je me souviens, c’était un locataire qui avait voulu descendre chez un ami par l’escalier.

Mal lui en a pris, la minuterie s’est éteinte trop vite, il s’est retrouvé dans le noir, et il est tombé sur les marches. Rien de bien grave, des contusions et une grosse coupure au genou. Il est quand même resté deux jours à l’hôpital, et bien évidemment, sur le moment, les pompiers sont venus, le samu et l’escalier a été vérifié. Il prétendait que quelque chose l’avait fait trébucher. Les pompiers n’ont rien trouvé, bien sûr ! Et la minuterie marchait tout à fait normalement. Mon collègue a souri en sous-entendant qu’il n’était peut-être pas aussi sobre qu’il aurait dû.  Nous avons ri tous les deux, quand il m’a dit que cela mettait un peu d’animation dans le service !

Ensuite, il y a eu cette alarme incendie sur un palier. Il semble qu’une ampoule soit tombée sur la moquette, qui a commencé de prendre feu. Une épaisse fumée s’est dégagée, les habitants de l’étage ont eu très peur, et les pompiers ont une nouvelle fois fait une inspection serrée.

     ‒ Et bien, on dirait qu’on prend des habitudes chez toi ! m’a dit le chef en souriant, mi -figue et mi-raisin.

J’ai haussé les épaules, la loi des séries, quand ça commence…

Cela avait bien commencé. Un ascenseur a décroché, et le parachute n’a réagi qu’au tout dernier moment, commotionnant assez sérieusement les passagers qui étaient à l’intérieur.

Ensuite, ce fut une liste ininterrompue d’incidents plus ou moins sérieux. Pannes d’ascenseurs, la nacelle d’entretien des façades qui reste coincée entre deux étages, impossible pour les ouvriers de la faire repartir. Ils étaient coincés, là-haut, sans pouvoir en sortir.

Début d’inondation dans les étages techniques, avec le système de chaudière qui fuyait de tous ses écrous desserrés.

J’ai beaucoup plus à faire dans ces cas-là. Il faut rassurer les personnes, accueillir et diriger les secours, parfois les nuits sont si agitées que je n’ai pas un moment à moi, et que je suis heureux de retrouver mon lit…

Cela s’était malgré tout bien calmé, il était temps ! La police se posait beaucoup de questions et venait tout le temps pour enquêter à droite à gauche. Ils dérangeaient tout le monde à force.

Je suis revenue à ma petite routine, un peu longue, un peu ennuyeuse.

C’était beaucoup plus calme, jusqu’à ce soir.

On m’a appelé d’urgence, chez moi. Un locataire venait de retrouver un corps sur son palier, un homme proprement assommé par un objet contondant, selon les termes consacrés.

Cette fois, la police est venue en nombre, précédant les inspecteurs, la scientifique.

J’en ai eu jusqu’à tard dans l’après-midi, avant de pouvoir souffler. Mais j’avais le sourire en remontant.

Est-ce que je dois changer mon club de golf de place ?

Oh non, là où il est, ils ne le trouveront pas.

Que voulez-vous les nuits sont longues, et il faut bien se distraire un peu  …

 

 

 

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 08:00

 

 

le-defi

 

 

La conférence  (défi croqueurs de mots )

 

Chers lecteurs, chères lectrices, c’est avec un grand plaisir que je vous annonce ce nouveau défi des croqueurs de mots, la communauté de Pascale, avec pour cette quinzaine Suzâme à la barre.

Mais je cède la place à monsieur le délirant qui vous le présentera bien mieux.

Monsieur le délirant, c’est à vous !

Merci.

Chers lectrices, chers lecteurs, bonjour.

La causerie de ce lundi, en réponse au défi lancé par Suzâme en ces termes :

 


C’est la fête sur le bateau,

sur la place

ou

n’importe où (île, autre planète).

Il y a de l’ivresse dans l’air. Certains dansent et titubent et surtout l'animateur dit n'importe quoi en confondant les mots.

 Ecrire un texte sous la forme de votre choix (présentation d’un spectacle, monologue, poésie, chanson ou dialogue)  en substituant et répétant un mot et un seul qui n’a aucun rapport avec le mot correct. Ce mot de remplacement s’en approche par le son, une ou deux syllabes et cela amène un texte décalé, amusant, et non dénué de sens … et cela devient un quiproquo rigolo.

 

 

 

 

 

portera sur deux points.

En tout premier, l’importance des blagues dans notre vie, puis combien de temps gigotons-nous pour écrire un article.

Je vous souhaite un très agréable moment, et je laisse la place à notre premier invité et orateur :

Merci monsieur le délirant.

Ma causerie portera donc sur l’importance des blagues dans nos vies.

Qu’est-ce que les blagues ? Un espace de libre expression, en tout premier. Un moyen, parfois, d’exprimer nos émotions les plus intimes. Nous parlons, nous échangeons, nous partageons nos blagues avec d’autres et nous leur rendons visite. La vie du blagonaute en est transformée, illuminée et les instants pris pour lire des pages de blagues sont comme autant de petites iles dans nos journées. De petites iles ensoleillées, qui nous font le plus grand bien. Attention, je ne dis pas qu’il faut négliger la vie en dehors des blagues, mais avouez que nous serions bien tristes sans cela.

C’est donc sans crainte de me tromper que j’affirme que les blagues tiennent une grande place dans notre quotidien, pour notre plus grande joie.

Monsieur le délirant, je vous redonne la parole.

Merci cher ami, mais je ne la garderai que pour annoncer votre éminent collègue, qui vous entretiendra du temps passé à gigoter sur un billet.

Monsieur le délirant, mesdames, messieurs.

Nous le savons tous, le temps passé à gigoter sur l’écriture d’un billet, varie au plus haut point d’une personne à une autre. Je peux même affirmer qu’il varie d’un article à l’autre pour la même personne.

A-t-on une photo à présenter ? Son auteur se concentrera davantage sur la mise en page, sans écrire plus qu’une légende. Veut-on écrire une nouvelle, notre auteur passera beaucoup plus d’heures à gigoter, parfois même deux ou trois jours. A-t-il une nouvelle idée ? Il faudra la noter au plus vite, de crainte de la voir partir, fusse en pleine nuit. Veut-il retoucher un détail de son texte ? L’ordinateur devra être rouvert, la coquille débusquée, la virgule déplacée et replacée, jusqu’à un résultat au moins satisfaisant. Va-t-il arrêter de gigoter pour autant ? Certes pas, il ou elle continuera d’analyser son texte, son poème jusqu’à sa présentation … et un prochain défi.

Je pense donc que de tout cela émerge un exercice des plus salutaires, valorisant et satisfaisant pour nos esprits, et que je ne saurais trop recommander.

Il me permet de vous dire sans crainte de me tromper, ainsi que Descartes le fit :

Gigoto ergo sum !

Merci de votre attention ! Monsieur le délirant, un petit mot pour conclure ?

Merci cher confrère, mais pourquoi conclure si vite ? Il reste certainement des questions, et puis la visite des blagues pour ce défi, reconnaissant par là même ce temps dédié à gigoter dont vous nous avez parlé.

Merci à vous tous pour votre présence à cette causerie et votre attention.

Clap, clap, clap, clap, clap, clap …

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 08:00

 

le-defi

 

 

Bonjour à vous, les vaillants matelots de la coquille des croqueurs de mots  la communauté de Pascale  .

 

Cette quinzaine Enriqueta est à la barre, et nous a demandé de parler d'un petit lieu qui nous tient à coeur :

 

 

C'est un petit lieu qui ne paye pas de mine (un banc publique, une ruelle, une place, un arrêt de bus, etc...), un endroit qui ne vaut pas le détour sauf pour vous. Décrivez ce lieu et racontez pourquoi il vous plaît (ou déplaît) autant...

 

 

 



Un petit lieu qui ne paye pas de mine ?

Pas vraiment, il est grand et la mine est belle, mais c'est un endroit très spécial selon mon opinion. Je vais le voir souvent et j’y retrouve toujours une même impression.

Je vais essayer de vous le décrire .

 

Vous connaissez mon amour pour le parc de saint Cloud, j’en ai déjà parlé souvent. Il suffit que le soleil se montre, ou même parfois sous la pluie, pour que je fonce là-bas et faire une randonnée avec mon apn comme compagnon de route.

Je sais que si mes nerfs ont été malmenés, ils se sentiront mieux après une visite à ce parc. Si je vais bien, j’irai mieux encore.

Je commence à bien connaître le parc, et je le vois changer au rythme des saisons et des travaux des jardiniers, sauf ...

J’entre à peu près toujours par un court souterrain qui s’ouvre sur le “parc bas” .

Une grande allée sableuse, bordée d’arbres, qui en quelque sorte longe la Seine. Là, les promeneurs sont nombreux, les enfants courent et s’amusent.

Les chiens s’ébattent. Cyclistes et joggeurs ont toute la place qu’ils veulent.

Très vite, sur le côté droit, la bordure d’arbres s’épaissit, et devant les yeux, loin devant, une vraie forêt commence, celle qui va vers Sevres.

Moi, je tourne rapidement sur la droite, pour contourner le bassin de la  grande cascade, monument imposant où les créatures marines semblent prêtes à l’attaque pour protéger les carpes qui nagent paisiblement dans ses eaux.

un salut aux statues qui se dressent, et parfois exhibent des membres abîmés ou absents. Plusieurs seraient à réparer pour retrouver tout leur lustre. Savez-vous que vous pouvez “adopter” l’une d’elles ? et participer ainsi à sa remise en état. Pourquoi pas cette Diane, ou bien ce penseur, un peu plus loin ? Un jour peut-être …

Il faut monter, et le chemin est raide, pour se retrouver au pied de la grande cascade. Les bassins en étage se succèdent, gardés sur les côtés par des serviteurs armés, un chien et un lion montrent les crocs. Ils ne bondissent pas, et la fontaine majestueuse attend de déverser ses eaux. Je ne l’ai jamais vue marcher, et la pluie seule empli les vasques.

Il faut encore aller un peu plus loin. Contourner la cascade, aller vers la droite.

Les promeneurs continuent devant eux, pour aller dans une belle allée sous les arbres, allée qui les emmènera vers une partie de la forêt bien verte. La plupart ne s’arrête pas, ou très peu, devant ce bassin qui s’étend à cet endroit. Moi si …. je suis devant le grand jet.

Comment vous dire ? J’ai toujours été pratiquement seule devant ce bassin. Il est large, et ses eaux sont d’une belle couleur verte. Verte comme l’herbe qui l’entoure. Les arbres sont majestueux et alternent l’émeraude avec l’or en cette saison.

Et puis il y a les statues. Elles entourent le bassin en se dressant bien blanches. Elles semblent en bon état, pas de main ou de pied qui manquent.

Le silence règne, à peine troublé par un pas de temps à autre, qui s’éloigne bien vite. Des craquements de branches, un oiseau qui chante, une feuille qui tombe. Au loin un enfant qui rit, et puis le silence. Une impression tenace, que je ressens à chaque visite, d’être hors du temps.

Les statues se regardent dans l’eau, à moins que ce ne soit l’eau qui regarde les statues.

Juste en face, un muret solitaire, avec une rampe à colonnes, tranche sur le vert profond des arbres. De quoi est-il le vestige ? Quelles élégantes se sont penchées au-dessus de sa pierre avec leurs éventails ? Les herbes folles lui tiennent à présent compagnie et les feuilles lui murmurent leurs secrets.

Il y a un raidillon pavé qui longe le bassin. Il faut grimper suivant une pente assez forte, tout en s’arrêtant pour admirer les reflets dans l’eau, vert sur vert. Plus haut, depuis ce chemin, les statues deviennent plus visibles. L’une d’elles est toute proche, esquissant un geste qui parait devoir reprendre l’instant d’après.

Comment ne pas penser à la Vénus d’Île de Mérimée ? Agir doucement, ne pas les provoquer.

Un promeneur est passé derrière moi ? Il a été avalé très vite par le chemin qui se poursuit vers le fer à cheval, et le silence retombe. Un zoom vers la fontaine centrale, clic une photo de plus, et continuer sans bruit, le long de la clôture.

La clôture … l’endroit est enclos, il est vrai, et on ne peut aller voir les Vénus de près. Est-ce dangereux ? Le terrain est-il instable ?

Par nature, par prudence, je n’ai pas osé jusque-là, mais hier, la tentation a été forte, et j’ai “transgressé” .

Entre la barrière et le mur un mince espace, juste assez pour que mon gabarit assez “plat” me permette de passer.

J’ai vu le bassin par l’arrière, le petit banc de pierre noyé dans la végétation, juste au-dessus des quatre marches. Il n’y a rien à déranger là-bas, juste une mésange qui m’a crié dessus en s’envolant. Je ne suis pas descendue plus avant, voir la fontaine et ses gardiennes, c’était assez, au moins pour cette fois. La barrière m’a laissé passer, sans témoins, sans bruit. Un dernier regard, le petit chemin qui monte. Du soleil, des rires, des courses … Le grand jet retourne à son immobilité.

Le temps ne s’y écoule pas ou si peu …

 

 

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 08:00

Bonjour à vous, fiers matelots de la coquille des croqueurs de mots  la communauté de Pascale .

 

le-defi

 

 

Je suis à la barre pour la quinzaine, et je vous ai lancé un défi en ces termes :

 

 

Il ou elle a disparu dans des circonstances étranges, tragiques, mystérieuses. L'histoire dit que ses jours se sont arrêtés, et que le livre est fermé.

Pourtant ....

Vous avez retrouvé un document, une archive, dans le fond de votre grenier, dans un rayonnage de bibliothèque poussiereux, et maintenant vous savez.

Vous savez que il ou elle n'a pas fini ses jours comme il a été dit, que tout n'a pas été dit, et que cette personne a vécu , ailleurs, dans le secret.

Il est temps de lever le voile, à vous de le faire ! De nous dire comment c'est arrivé et  ce que cette personne est devenue, après ...

 

 

 

La lettre dans l’armoire

 

J’ai toujours connu cette armoire. Un beau meuble, massif, de chène sombre, de ceux qui résistent depuis des siècles.

Je l’ai toujours connue, car elle est dans notre famille depuis des générations. Des générations de linge soigneusement rangé, qui sent bon la lavande, mais qui prend aussi une douce odeur de bois après quelques jours.

Du linge parfois moins bien plié, ou même pas plié du tout, simplement entassé dans les rires. Elle a même accueilli avec son impassibilité coutumière, peut-être teintée d’un amusement muet, les jeux des chenapans qui se cachaient en son sein, garnements dont j’ai fait partie il n’y a pas si longtemps.

Cette armoire je l’aime, et je croyais la connaitre par cœur. Pourtant aujourd’hui je la regarde, perplexe, ne sachant que faire du message qu’elle vient de me transmettre.

Je croyais la connaitre, le moindre recoin, le moindre nœud, la moindre sculpture, polis par les ans. Le hasard d’un geste, un ressort qui avait faibli après tant de siècles ? Le linge imbibé de cire qui s’attarde plus sur un endroit précis, et une petite cache qui s’ouvre, laissant apparaitre un parchemin jauni.

Une lettre que j’ai saisie avec précaution, craignant de la voir tomber en poussière dans mes doigts. Elle avait résisté, comme l’armoire résiste, au passage du temps, et l’écriture à l’encre palie était encore bien lisible, sur le tissu fait de peaux tannées. Difficile aussi, car on écrit plus ainsi depuis longtemps. Je me suis obstiné, avec une loupe, m’aidant d’un dictionnaire spécialisé trouvé sur le net,

et j’ai lu …

 

Mon cher fils..

Me voici arrivé à un âge avancé, et je sais que bientôt il me faudra  quitter cette terre, et te laisser seul à la tête de ce fief que j’habite depuis tant d’années, dans cette belle région du royaume de France.

Ta valeur est grande et tu sauras gouverner avec sagesse, sur les murs comme sur les terres qui entourent le domaine. Notre nom sera prononcé avec respect, et notre lignée poursuivra le labeur que j’ai commencé en étant au service du roi Louis le onzième, mon très aimé suzerain.

Il est toutefois un secret qui me pèse, et ce secret je le confie ce soir au parchemin et à l’encre, pour qu’un jour tu saches.

Ce secret n’est pas le mien, et mon âme est sans taches, pourtant je le porte depuis si longtemps. Aurais-je dû faire autrement ? Je ne le pense pas, peut-être en allait-il de ma vie ? Je ne sais.

C’était il y a bien longtemps, il y a trente ans. J’étais alors un tout jeune homme, dans la force de l’âge, et j’avais combattu pour mon roi. Ma vaillance avait été remarquée de sa majesté, et j’avais obtenu, moi le soldat de toute petite naissance, une charge royale, et ce fief. Un domaine modeste pour les barons de la cour, Un cadeau inestimable pour moi et ma famille. Fief que la bonté du roi, puis de la régente Anne, m’a permis d’accroitre et de faire prospérer, charge qui maintenant est la tienne.

Je devais à cette époque parcourir le royaume pour veiller aux affaires royales dans les provinces. Les époques troublées étaient passées, aussi voyageais-je seul, sans crainte, dans cette région éloignée de tout. A quel endroit de notre belle terre ? Cela importe peu, qu’il te suffise de savoir qu’elle était douce et grasse, verdoyante, semée de forêts épaisses et giboyeuses.

C’est dans une de ces forêts que l’orage m’a surpris, violent, déversant des trombes d’eau en quelques instants, et terrifiant ma monture au bruit du tonnerre.

J’étais trempé, grelottant, à la recherche d’un abri, d’une grotte ou d’une masure pour nous abriter tous deux. Je me suis trouvé tout à coup, sans savoir comment, devant la porte de ce que je cru être un château. Une porte épaisse, ornée de ferrures simples mais fortes, sur laquelle j’ai frappé à coups redoublés.

    ‒ Ouvrez ! Pour la grâce du ciel et le service du roi !

La porte s’est entrebâillée, tout juste pour me laisser entrevoir une cotte de maille, et le visage couturé de cicatrices d’un homme d’armes :

    ‒ Passe ton chemin l’ami, nul ne doit pénétrer en ces lieux saints.

J’étais donc dans un cloitre ?

L’orage redoublait, et avec énergie j’ai répliqué :

    ‒ Le gîte et le couvert pour l’envoyé du roi. Les hommes de Dieu ne me le refuseront pas !

Et je suis entré, ouvrant la porte en grand.

Le soldat m’a laissé passer de mauvaise grâce, et bien vite j’ai compris que je n’étais pas dans un monastère, mais dans un couvent. Mon cheval a été emmené vers les écuries, et moi conduit près d’un grand feu dans les cuisines, devant un bol de soupe fumante.

C’était bien un couvent, les nonnes allaient et venaient en silence, les yeux baissés.

J’en avais vu de nombreux dans mes errances au sein de l’armée, mais celui-ci était tout autre.

Bâti comme une place forte, les murs massifs auraient pu soutenir un siège. Tout y montrait la simplicité monacale, mais ça et là des croix, des reliquaires, brillaient de tous leurs ors, et ne pouvaient provenir que de dons royaux. Tout cela je l’ai vu de mes yeux, pendant que l’on me guidait vers cette cuisine. Tant de richesses dans un endroit aussi éloigné de tout ?

Et puis il y avait les soldats. Des hommes en armes, portant la croix de notre sainte église sur leurs cottes de mailles. Une compagnie que moi, qui avais vu tous les champs de bataille, je ne connaissais pas. Pourquoi ce couvent avait-il besoin d’une telle garde ?

Ils étaient tout aussi silencieux que les nonnes, et me regardaient d’un air étrange. J’ai bien vite senti qu’une atmosphère pesante flottait en ces lieux.

Une cellule m’avait été préparée, pour mon repos, et j’arrivais à faire dire quelques mots à celui qui m’y menait. Je compris que la mère abbesse était malade, très malade, une femme à l’évidence très aimée de tous. J’avais vu les larmes dans les yeux des religieuses.

    ‒ Avant de dormir prie pour notre abbesse et le salut de nos âmes.

Ces mots dits tout en refermant la porte m’ont poursuivi, bien longtemps après le départ de l’homme. Que se passait-il ici ? Dans quel lieu étais-je ?

J’ai prié, pour leur salut, comme pour le mien, puis j’ai voulu dormir. Malgré la fatigue de ce voyage, le bon feu qui avait été allumé et faisait rougeoyer la pierre de la cellule, le sommeil ne vint pas. Je regardais les ombres danser en tendant l’oreille.

J’entendais des pas furtifs, des chuchotements, des glissements. Tout le couvent bruissait d’inquiétude pour la vie de l’abbesse, et je ne pouvais dormir.

A la fin, je n’y tins plus et je ressorti, prenant prétexte d’un morceau de pain à quémander pour calmer une faim imaginaire.

L’office était vide, presque vide, il y avait seulement un soldat accoudé à la grande table de chêne, la tête basse.

Il m’a jeté un vague regard quand je me suis assis devant lui, ses yeux étaient rouges et son expression douloureuse. Je compris bien vite qu’il avait sans doute un peu abusé de ce vin qui m’avait été servi avec la soupe, et m’avait réchauffé jusqu’aux os.

Dieu et tous les saints me sont témoins que je ne pensais pas à mal en lui demandant à voix basse ce qui se passait vraiment, et pourquoi le couvent avait besoin d’une telle garde.

    ‒ Que ferons-nous sans notre abbesse ? Comment continuer sans elle ? M’a répondu une voix rauque, trébuchant sur les mots.

    ‒ Comme nous tous, elle est dans la main divine et nous devons accepter.

Je tentais de répondre, tout en voyant bien que les mots ne suffisaient pas.

    ‒ Tu ne comprends pas. Nous étions ses frères d’arme, nous avons gardé le secret, depuis trente ans, et sans elle …

La voix de l’homme s’est brisée, pendant que je le regardais plus attentivement. Frère d’arme ? Que voulait-il dire ? Les mots se suivaient, incohérents :

    ‒ Ce procès, cette exécution, une honte pour le royaume et le roi Charles. Mais finalement nous avons pu traiter avec les anglais et personne n’a vu de corps, après. Comprends-tu ? Pas de corps, juste des cendres et ça leur a suffi. Tous ont cru qu’elle était morte, il fallait que personne ne sache, comprends-tu ? Nous l’avons accompagnée jusqu’à ces murs, et nous vivons dans son ombre. Il faut qu’elle vive, nous ne sommes rien sans elle. Comprends-tu ?

Nous ne sommes rien sans Jeanne.

Je comprenais, je comprenais peut-être trop bien, quand je vis le regard du capitaine posé sur nous deux, et sa main serrée sur le pommeau incrusté de pierres d’une épée.

    ‒ Pierre, tu déraisonnes ! Tu feras pénitence pour ces paroles insensées.

Je retournais bien vite dans ma cellule, remerciant le Ciel de me trouver en un lieu si sacré que me faire taire était impossible.

Je suis parti dès l’aube sans me retourner. Je ne sais ce qu’il advint ensuite, si l’abbesse a surmonté cette maladie, et jamais je n’ai revu le couvent, ni aucun de ses habitants.

Ce secret je l’ai gardé tout  au fond de mon cœur, et à présent il est le tien, je ne pouvais me taire davantage. Garde-le ou révèle-le, je m’en remets à ta décision, mon cher fils.

Ton père qui t’aime.

André, sire de … en l’an de grâce 148…

 

Et moi, que vais-je faire de ce secret ?

 

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 08:00

Bonjour les aminautes.

 

Cette quinzaine, pour la reprise des voyages de la coquille des "croqueurs de mots"  la communauté de Pascale, à la barre c'est voilier  qui donne le cap  !

 

 

 

le-defi

 

 

A partir de la musique de Paricia Dallios, laisser l'imagnation et la plume courir, pour composer un "chant d'encre " ...(arrêtez le bruit des vagues à gauche, puis clic pour entendre )

 

Salutatoi chè-e-r-e Croqueu-se-r !

C'est une joie de retrouver cette communauté et de lancer ce "Défi"... :)))

 

Je propose un "Chant d'Encres", composé de chacune des nôtres, à partir de la bande sonore ci-jointe (ce qu'on entend en ce moment même, en principe) : après l'avoir écoutée, ou pendant l'écoute (selon l'envie) écrire ce que cela nous inspire, un mot, une histoire, un poème, une pensée, ce que l'on veut...

 

Cette bande sonore est extraite de l'album de Patricia Dallio "L'encre des voix secrètes" et s'intitule "Intrigue". L'univers de P.Dallio et ce titre ne devraient cependant pas orienter nos écrits, j'en donne la référence pour insérer la bande sonore dans l'article. Après, c'est aussi une bonne occasion pour écouter d'autres de ses compositions...

 

Bonne écoute, heureuse aventure, laissons chanter nos Encres et, peut-être, laissons-nous nous y Ancrer... (pour mieux larguer les amarres lorsque c'est le temps !)

 

 

 

 

 

 

La musique dans le tunnel

 

La musique dans le tunnel

 

     ‒ Alors toi aussi ?

La réflexion d’Alain m’a fait sursauter, mettant un terme brutal au fil ininterrompu de mes pensées.

     ‒ Hein ?

     ‒ Toi aussi, répéta patiemment mon ami. Toi aussi tu l’as entendue, la musique.

Je n’ai pu m’empêcher de ressentir un frisson. Ce frisson ne devait rien au froid qui commençait de tomber sur ce quai de gare désaffecté  où nous venions de prendre un repas en forme de pique-nique.

Ce quai noyé de plantes folles et de graffitis, se trouvait en plein Paris, surplombant une voie depuis longtemps abandonnée. Des travaux allaient sans doute commencer, pour la transformer. Il était question de promenade verte, rien pour le moment de très précis, mais les travaux avaient quand même débuté à un bout. Un chantier qui allait faire disparaitre les kilomètres de rails rouillés, et peut-être aussi ces bâtiments anciens, ou les réhabiliter, comme ceux transformés en habitations, comme cette autre gare un peu plus loin sur la ligne. Une femme nous avait fait un signe de la main et un sourire, tout en continuant sa conversation au téléphone, un verre de jus de fruits posé sur la table de jardin. Le quai jadis bondé de voyageurs, était tout simplement devenu une terrasse bien agréable.

Cela fait des années que je parcours la ville, en surface, comme sous la surface. Tout un monde caché, connu des seuls initiés, ceux qui ont le temps, l’intérêt de la découverte, quelquefois le courage, bien que le danger soit finalement assez peu présent. Tout au plus de glisser et de se retrouver mouillé. Je n’ai jamais vu plus sérieux qu’une cheville cassée.

En ai-je parcouru des galeries à la beauté tranquille, sous des voûtes immenses, taillées de main d’homme. Il faut parfois marcher dans des passages étroits, avec de l’eau jusqu’à la taille, une eau d’une limpidité absolue. Il faut parfois ramper sur quelques mètres, mais quand enfin le but est atteint, quelle récompense, quelle sérénité en ces lieux.

Lire le nom ancien des rues, gravés dans la pierre des carrières m’émeut plus que tout, et il m’est souvent arrivé de passer des journées entières de couloirs en couloirs, avec pour seul bruit celui de mes pas.

En surface, il faut savoir contourner les obstacles, les barrières. Ne rien déranger non plus, simplement passer et admirer ce qui reste caché. Des rencontres aussi, intéressantes ou amusantes. Des jeunes souvent, qui descendent pour braver les interdits. Ce sont eux qui se mettent le plus en danger, sans matériel ni préparation. D’autres explorateurs urbains, comme moi, avec lesquels les discussions s’engagent, interminables, sur tel et tel passage, ou découverte d’une nouvelle salle. Il n’y a pas longtemps, un homme qui devait habiter par là lui aussi, sûrement un retraité du chemin de fer, nous a dit d’un ton sinistre en me voyant passer avec mes amis :

     ‒ Bonne cata !

Il ne nous souhaitait pas une catastrophe, comme l’a suggéré une « débutante » mais bien une bonne randonnée dans les catacombes.

Mais cette fois-là …

Alain me fixait avec un demi-sourire :

     ‒ Il n’y a pas que toi, tu sais !

Je le savais bien, mais cette histoire, jusqu’à ce jour, un mois auparavant, je la tenais pour une légende, une légende urbaine. De celles qui courent dans les randonnées, que l’on se raconte en marchant, pour que le pas se fasse plus léger et que l’esprit s’évade encore plus loin. De celles qui font les délices des nouveaux arrivants dans le petit monde de l’exploration en ville.

Ce jour-là, j’avais décidé un tour tranquille sur un autre tronçon du chemin de fer. Vraiment rien de difficile. Marcher le long de la voie, dans les cailloux du ballast, d’une traverse à l’autre, en regardant la nature s’exprimer. Les plantes qui montent sans frein de part et d’autre des rails, les butoirs noyés sous les faux poivriers. Admirer les arbres qui escaladent le talus, plantant leurs racines dans une pente abrupte jusqu’à la verticale. Des fleurs s’entremêlant dans les ronces, où les abeilles bourdonnent, affairées, sans être dérangées.

S’amuser des passages de pont au-dessus des rues bruissantes de voitures et d’agitation.

Il y a les tunnels dans une ombre épaisse. Il faut alors allumer la lampe frontale, éviter les trous traitres pour les pieds. S’arrêter de temps à autres pour regarder les graffitis qui peuvent être de vraies œuvres d’art en pensant à Lascaux, ou un habitacle de chef de gare. Ressortir à l’air libre pour gravir un escalier et parcourir une station ancienne plongée dans la solitude.

Tout cela fait partie de mon quotidien, et je ne m’en lasse pas, pourtant je crois que je ne retournerai pas dans cette partie de voie, et sûrement jamais dans ce tunnel.

Je le connaissais bien pourtant, un passage presque obligé pour aller d’un point à un autre sans avoir à remonter dans la rue. La rue, la vraie, celle des piétons de tous les jours.

Il y avait une grille rouillée, un peu difficile à ouvrir en général, je me souviens avoir pensé qu’elle était plus maniable que lors de mes autres passages ce matin précis.

J’avais ressenti du froid, sans y prêter plus attention. J’avais un thermos de café, et me promettait de m’en servir une bonne rasade un peu plus loin, avec la brioche qui elle aussi attendait, bien emballée, dans mon sac à dos. Partir sans petit déjeuner n’est pas conseillé quand on marche de bonne heure. Le jour était levé depuis un petit moment, le tunnel n’était pas très long, aussi une sorte de luminescence le pénétrait, aidant ma lampe dans son travail d’éclairage. La nuit avait dû être humide car une brume légère nimbait le décor, faisant un peu disparaitre les murs autour de moi. De toute façon, je regardais plutôt à mes pieds, pour éviter les flaques d’eau suintante et les gros cailloux. De loin en loin le tintement régulier des gouttes rappelait que celles-ci coulaient du plafond voûté en pierre brun-rouge. Il n’y avait que ce petit bruit humide, et mes pas, la rumeur de la rue, de la circulation avait totalement disparu. J’avais trouvé cela un peu bizarre, d’ordinaire, il y a toujours une résonnance lointaine. La ville, grosse bête au souffle puissant, est présente dans les moindres recoins de son territoire.

Tout était si calme, si tranquille, j’aurais dû être heureux, mais je me sentais… je ne sais pas.

Et puis il y a eu la musique. Très ténue d’abord, puis plus forte. Une musique moderne, évoquant le mystère ou des mondes étranges, comme en composent les musiciens de ma génération.

J’ai regardé autour de moi, balayant les parois du tunnel avec ma lampe, rien, personne. Un écho du dehors ? Peut-être. Rien qui pouvait m’atteindre de toute façon. J’ai regardé les rails, saisi d’un doute, mais ils étaient toujours aussi rouillés, aucun train n’avait été remis en service depuis mon dernier passage. Un groupe de gamins devaient avoir poussé leur baladeur à fond un peu plus loin, après le tunnel, et le son se répercutait.

C’est ce que je me disais, essayant de me raisonner, tout en accélérant le pas malgré moi. La musique continuait de se faire entendre, un peu plus fort, se rapprochant. Je me suis surpris à frissonner car je ne pouvais plus me le cacher, elle venait de derrière moi, et là, il n’y avait rien. J’avais beau regarder dans les moindres recoins, avec une deuxième torche, seuls les pierres des murs apparaissaient, impassibles.

J’ai ressenti une sorte de frôlement, la musique était un instant plus forte, et puis elle s’est affaiblie, jusqu’à disparaitre complètement. Je suis resté quelques instants immobile, paralysé, je me suis mis à courir pour sortir de ce tunnel, au mépris de toutes les règles de sécurité et de prudence. Cinquante mètres plus loin, j’étais à l’extérieur, plus essoufflé qu’en venant de réaliser une escalade en montagne. Il faisait si beau, le soleil resplendissait sur la voie et l’air était parfumé des parfums de plantes folles. Pourtant, dès que j’ai pu, je suis ressorti, et je suis rentré chez moi, avaler un verre d’alcool.

Bien sûr que je n’étais pas le seul, d’autres avaient parlé aussi de la musique dans ce bout de tunnel, mi sérieux, mi goguenards. Personne n’y croyait vraiment, et personne ne savait si l’histoire de ce jeune homme retrouvé près des rails, un baladeur encore en marche sur les oreilles était vraie.

Que lui serait-il arrivé ? Un accident, une agression ? La légende urbaine ne le dit pas, tout en se répandant.

Mais il n’y avait pas que la musique ce matin précis.

J’ai vu, de mes yeux vu, les cailloux du ballast se déplacer légèrement près de moi, comme sous les pieds d’un marcheur. Ils ont continué de se déplacer en ligne droite, jusqu’à ce que l’ombre du tunnel les avale.

Je crois que ce jeune homme est toujours là, et qu’il marche sans savoir ce qu’il lui est arrivé, en écoutant sa musique.

Hier je me suis malgré tout forcé à retourner devant l’entrée du tunnel. La grille est maintenant hermétiquement fermée.

 

 

 !

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 07:00

 

 

– Mon amour si

 

Dans les draps, manque, insomnie

 

– Loin de toi

 

Sans  dormir, attente, rêve éveillée, soupir, tes bras.

 

– Pense à moi

 

Nuit de velours noir, tes sms comme  des pierres précieuses, angles coupants, cœur blessé.

 

– Attends-moi

 

Absence, je me perds, jour gris, vide, ennui, froid

 

– Je reviens

 

Chaleur, sang qui court, plus fort, plus vite

 

– Avec toi

 

Feu qui danse, flambe, flambe, embrasement.

– Contre toi

 

Peau qui brûle, fraîche, douce, apaisée, calme.

 

– Pour toi

 

Dans les draps, plénitude, sommeil

 

– Mon amour

 

 

 

amants-du-Louvre.jpg

(staues au Louvre )

 

Pour la communauté de Suzâme   "textoésie et vous"

 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 08:00

ACette quinzaine, pour les croqueurs de mots  la communauté de Pascale  c'est M'Annette qui est à la barre de la coquille, et qui nous a donné la feuille de route suivante :

 

Alors de quoi allons-nous parler?

Et bien voilà:

Dans un grand moment de "ras-la-casquette", vous voilà parti(e)

seul(e) en vacances, en Corse.

Au volant de votre petite voiture, après vous être attardé(e) un peu sur le port de Bonifacio,

vous regagnez votre hôtel à Ajaccio, zigzaguant dans la montagne.

Le ciel s'assombrit, la nuit tombe, 

mais il y a aussi l'orage qui gronde,

et soudain!............. panne de voiture!

Seul(e) au milieu de nulle part, sous la pluie désormais,

vous vous demandez

ce qui vous a pris de partir ainsi tout(e) seul(e) et....

....et la suite est sous votre plume! ...

 

M'Annette j'espère que tu ne m'en voudras pas ... c'est tout à fait autre chose qui est venu !! J'ai honte !!!

 

 

 

le-defi.jpg

 

 

 

 

L’orage 

 

Une semaine avant.

Courir, courir, vite. Le plus vite possible, aussi loin que possible. Fuir, fuir la maison et ce qui vient de se passer, ce que j’ai vu. Mais je sens un souffle derrière moi, un souffle qui se rapproche, qui se rapproche vite, très vite.

Courir, courir, vite…

 

Maintenant.

Il pleut des cordes, et les éclairs sillonnent le ciel. Ils illuminent ce coin de maquis corse, ou plutôt ce coin de fossé où je suis. Mais quelle idée est ce que j’ai eu de vouloir rentrer ce soir ? Retrouver mon salon bien tranquille et ma femme après cette affaire pénible ? Noyer le sentiment d’échec que je ressens ? Essayer de mettre mes idées au clair ? Un peu de tout cela sans doute. Essayer d’oublier le doute, de cesser de me demander si ce que je crois avoir vu est la réalité, ou bien le résultat de la fatigue accumulée en trois  jours d’enquête presque sans dormir ?

A un moment ou l’autre il va bien falloir que je me pose cette question, mais je crois que je peux d’ors et déjà m’avouer vaincu. En fait je crois que je sais, depuis ce moment, dans le couloir du commissariat.

J’ai bouclé les premières constatations, rédigé un rapport. Puis écœuré de moi-même, de mon incapacité à prouver quoi que ce soit, j’ai voulu prendre la route pour rentrer. Des chemins escarpés, l’orage qui éclate alors que je suis au beau milieu de nulle part. Les pneus qui dérapent, le volant qui m’échappe, et me voici dans le fossé. Pas de mal, la voiture est tombée sur des fourrés. Pas question non plus de sortir sous ces trombes d’eau, de toute façon, je suis coincé là pour la nuit, autant rester au sec et tenter de dormir. Le portable ne me sera d’aucun secours, il est bien sûr déchargé, mais en revanche, j’ai de quoi boire et un sandwich. La situation n’est pas très grave, demain il fera jour. Alors après avoir avalé mon sandwich, faire un somme malgré la cacophonie des éléments. Je vais essayer de me détendre, mais dormir ?

Je crois que je vais avoir du mal.

 

Avant.

‒ Tu as vu, ils ont appelé Andrieux pour cette affaire, ils le font venir tout exprès de la ville.

‒ Il est si fort que cela ?

‒ Le meilleur parait-il pour des affaires de ce genre, de celle qui ont l’air d’un sac de nœuds. Et pour un sac de nœuds, c’en est un beau ! Pas une histoire de vol, pas un crime crapuleux, tout est resté bien sagement en place. Pas une histoire politique non plus, le couple était discret et n’avait rien à voir avec les gens « en vue ».

‒ Un cinglé quelconque qui traîne dans le maquis si tu veux mon avis. Il n’y a que ça pour expliquer la mise en scène. Le mari bien installé sur le canapé, comme pour regarder la télé.

‒ Oui, sauf la balle dans la tête qui va le gêner un peu pour voir le feuilleton policier du soir, puisque la domestique dit que c’était son programme préféré.

‒ Pour ce qu’elle en sait ! Si tu veux mon avis, ce n’est pas une lumière celle-là.

‒ Je suis bien d’accord avec toi, mais c’est le seul témoin que nous ayons. Ces gens étaient là depuis une semaine seulement et ne sortaient pratiquement pas. Personne ne les connaissait vraiment, mais elle, elle venait tous les jours.

‒ Ca ne suffit pas pour avoir une idée, et elle n’a pas l’air d’en avoir beaucoup !

‒ On va voir comment Andrieux s’y prend. Et puis la femme finira bien par reprendre conscience. Le toubib dit que c’est juste le choc. Qu’elle doit dormir un moment, et qu’elle retrouvera la mémoire.

‒ Il faut reconnaitre qu’une nuit dans le maquis, avec un assassin aux trousses, ce n’est pas folichon.

‒ Finalement elle a eu de la chance de tomber dans cette ravine, il la poursuivait certainement, les buissons étaient piétinés sur une bonne distance. Il faisait nuit, la pluie, il ne l’a pas retrouvée et a dû partir.

‒ Oui, ça doit être ça. Allez, on y va. On a regardé la maison sous toutes ses coutures, on en tirera rien de plus. La domestique est au poste, elle attend pour être interrogée.

 

Maintenant

On m’a appelé parce que personne n’y comprenait rien. Et puis aussi parce que j’ai la réputation de savoir m’y prendre dans les crimes où les mobiles sont obscurs, où les assassins obéissent à des motifs connus d’eux seuls et mettent en scène. C’est exactement ce à quoi ça ressemblait, une mise en scène.

Le mari était resté dans le canapé, devant la télé allumée, avec un verre de whisky près de lui, et des petits biscuits. Parfait pour regarder le film du soir. Il y avait un coussin derrière la tête, avec un peu de sang. Pas beaucoup la blessure était petite. Une arme de faible calibre, il avait fallu être très près pour tirer et le tuer net. Mais au lieu de se sauver une fois son geste accompli, le meurtrier l’a tiré sur le sol pour le mettre dans ce canapé. C’est sûr, il a été tué dans l’entrée, nous avons retrouvé de petites taches de sang. « On » s’est donné beaucoup de mal pour cette mise en scène ! Pourtant je pense, je suis presque sûr que cette mise en scène est beaucoup belle pour être vraie. Tout le monde murmure crime de détraqué, mais viscéralement je sens que j’ai affaire à quelqu’un de froid, d’organisé, qui avait prévu, planifié, et dont le motif est tout sauf banal. Le canapé, la télé, tout cela est de la poudre aux yeux, pour nous faire rechercher un malade, et il ne l’est pas.

Il fallait chercher beaucoup plus loin.

 

Cinq jours avant.

‒ Chef, il faut que vous voyiez ça ! Ce paisible couple ne l’était peut-être pas tant que cela ! Du moins la victime, le mari.

‒ Qu’est-ce que vous avez trouvé ?

‒ Ben justement on ne trouve rien.

‒ C’est-à-dire ?

‒ Ce type n’a pas de passé avant ces cinq dernières années. Impossible pour le moment de savoir d’où il sort ! La femme s’est différent, il l’a épousée l’année dernière. Elle était veuve, et sa vie est très rangée. Milieu grand bourgeois, de l’argent, des maisons …

‒ Dont celle-ci.

‒ Exactement. Ce pourrait être un prétendant éconduit. Qu’est-ce que vous en pensez chef ?

‒ Hmmm, je ne crois pas. Tout est trop parfait, trop méticuleux. On nous a fait une vitrine si vous voulez mon avis. Mais pourquoi ? Il faut que vous trouviez quelque chose sur le passé de cet homme, la victime. C’est par là qu’il faut commencer.

‒ Chef, la femme de ménage est arrivée. On l’a fait asseoir dans la salle d’interrogatoire, elle attend.

‒ Vous n’en avez rien tiré hier ?

‒ Elle était assez secouée après avoir trouvé le corps. Elle ne pouvait rien dire de très précis sur ces gens, on l’a laissé repartir. Elle travaille dans plusieurs familles, et vit seule au village, une petite maison qu’elle loue. Sans histoire, elle vient de Bastia, rien à dire sur elle.

‒ Allons-y. Elle a sûrement vu quelque chose à un moment, il faudra bien qu’elle se force à se souvenir !

 

Maintenant.

Je n’avais vraiment pas grand-chose à me mettre sous la dent, et j’étais agacé. Je n’avais que la domestique comme témoin, et j’étais bien décidé à ce qu’elle me donne un renseignement, même le plus infime. J’ai jeté un coup d’œil dans la salle, par la vitre. Une femme d’un âge incertain, avachie sur sa chaise, les yeux dans le vide. Des cheveux blond filasse qui encadraient un visage mou, une bouche tombante. La silhouette était assez trapue, enveloppée de vêtements gris et ternes. Je crois qu’elle portait une sorte de jogging, pratique pour les tâches ménagères qui étaient les siennes.

‒ Bonjour madame !

J’ai serré une main tout aussi molle que l’expression, et là, en m’asseyant  devant elle, je me suis dit que je n’en tirerai rien et je ne me trompais pas.

Elle répondait à mes questions de façon assez précise. L’arrivée du couple, son travail. Les relations qu’ils avaient entre eux.

‒ Comment se comportaient-ils quand ils étaient ensemble ?

‒ Monsieur était très gentil avec madame. Ils parlaient sans se disputer.

‒ Jamais ?

‒ Non jamais.

Et tout comme cela. Elle faisait le ménage, elle préparait les repas, et puis elle rentrait chez elle, point à la ligne. Personne n’avait été invité, personne n’était entré en sa présence, rien.

De guerre lasse j’avais mis un terme à l’entretien. Elle est repartie en traînant les pieds, le regard toujours aussi vide, vers les maisons qui attendaient ses soins, et moi, il fallait que je trouve une information à donner au préfet !

Et je n’avais rien…

 

Cinq jours avant.  

‒ Chef ! chef ! On vient d’avoir une info de l’identité. On dirait bien que la victime était impliquée dans une histoire de braquage il y a huit ans. Des empreintes à l’époque qui n’avaient été reliée à personne !

‒  L’argent n’a jamais été retrouvé, ni le complice.

‒ Vous croyez que ça a un rapport ? Il avait gardé l’argent pour lui peut-être ?

‒ Il faut creuser dans ce sens, tachez de me retrouver les dossiers de l’époque. Il était le seul à pouvoir identifier le complice, c’est peut-être pour cela qu’on l’a fait taire. Si ça se trouve le gars en question se balade en ville ! Et plutôt que de prendre le moindre risque. Il est visible qu’il ne s’est pas défendu, alors …

 

Maintenant.

J’étais pressé de me remettre au travail, d’avancer, après cet interrogatoire pesant et sans résultat. Je lisais le rapport que mon adjoint m’avait donné, sans plus faire attention à rien, dans le couloir. J’étais absorbé dans mon raisonnement, aussi je n’ai senti la présence derrière moi qu’en entendant le bruit de pas. La domestique partait, le dos un peu voûté, les pieds dans des sandales informes, c’est pour cela que ce bruit de chuintement avait atteint mes oreilles, des chaussures trop grandes.

Je lui avais déjà dit au revoir, aussi je ne me suis pas retourné pour lui parler. Le rapport était autrement plus intéressant ! J’ai juste jeté un coup d’œil dans le miroir sale et dépoli qui orne le mur à cet endroit, si orner est vraiment le terme en la circonstance.

Le visage que j’ai entraperçu n’avait plus rien de mou, le regard clair brillait de rage et d’intelligence. J’ai eu un choc et je me suis retourné d’un seul bloc. Elle est passée devant moi avec un vague signe de tête, la prunelle éteinte et la bouche tombante.

Je suis resté un bon moment devant le miroir, à me persuader que la crasse qui le recouvre m’avait trompé.

Je crois que je suis content de rentrer. Je ne peux oublier cette sensation de froid qui a couru dans mon dos à ce moment précis.

 

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