Cyril et le scarabée sacré

Publié le par Hauteclaire

 

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Tout le royaume Pc était en ébullition. Un nouveau dossier était arrivé depuis peu, et les habitants de Pc savaient qu’il venait d’un empire lointain, situé dans les terres d’orient, avec un nom qui évoquait le voyage, une connaissance millénaire, des œuvres impérissables, l’Egypte.

Magnus Discus avait octroyé un logement particulièrement important au nouveau venu, qui avait besoin de beaucoup de place pour tous ses documents. Pas aussi grand que celui de messire Documentis, mais presque. Le père de Cerise l’avait fait entrer, ayant des projets dans le pays avec son entreprise, afin d’approfondir ses connaissances, et de savoir le plus possible de choses ayant trait à l’histoire.

Les commentaires allaient bon train, personne ne sachant exactement ce qu’il y avait derrière la porte close menant à la vaste demeure. On avait vu passer l’ambassadeur du dossier, se rendant chez Magnus Discus, porteur d’un cadeau pour celui-ci, présent d’une grande valeur, à ce que Cyril avait entendu. Il avait vu de loin le représentant, homme à la silhouette assez trapue, à la peau ambrée, habillé d’un manteau fait d’une étoffe souple, à la couleur d’un blanc éclatant. Il portait une sorte de rouleau à la main, et Cyril avait entendu son voisin, sire histoiry-géo, expliquer qu’il s’agissait d’un rouleau de papyrus, chose particulièrement rare et précieuse. L’ambassadeur était rentré chez lui, refermant la porte doucement, et depuis Cyril mourrai de curiosité, passant et repassant devant l’appartement, pour tenter de voir quelque chose, ou peut-être même être invité à entrer.

Finalement, comme rien ne se passait, il prit son courage à deux pattes, et frappa doucement à la porte. Il entendit une voix répondre quelque chose qu’il ne comprit pas, et espérant qu’il s’agisse bien d’une invitation, entrouvrit le battant et se glissa à l’intérieur.

Il se trouvait dans un salon confortable, aux murs tapissés d’étagères recouvertes de rouleaux semblables à celui qu’il avait apporté pour Magnus. Des tapis colorés, des meubles bas et simples. L’ambassadeur était là, assis en tailleur sur un coussin épais, avec sur les genoux un de ces rouleaux posé sur une tablette,  des pots emplis d’encres colorées près de lui, et une sorte de crayon à la main, tige d’un matériau dur, taillée en pointe, imbibé d’encre. Il leva les yeux vers Cyril, lui adressa un sourire et dit :

     ‒        µµµµ

     ‒  Pardon messire ?   fit Cyril, déconcerté.

     ‒  Excuse-moi,  reprit l’homme. J’avais oublié le traducteur. Qui es-tu ? 

     ‒  Je m’appelle Cyril, fit celui-ci en se tortillant un peu,

     ‒  Je suis Anenetep, grand scribe royal 

     ‒   Scribe messire ?   fit Cyril en ouvrant de grands yeux

     ‒  Je dois tout écrire, les discours, les textes sacrés, les lois . J’ai beaucoup de travail, que veux-tu ? 

     ‒   Je venais voir…  

Il laissa sa phrase en suspens, sans arriver à faire la demande qu’il avait en tête.

     ‒  Tu voudrais aller regarder mon pays de plus près ! fit Anenetep en souriant.

Cyril baissa la tête, un peu honteux :

     ‒  Oui messire.

     ‒  Et bien vas-y, tu peux entrer par cette porte, fit Anenetep,

Fais bien attention à ne rien abîmer, et sois discret. Moi, j’ai du travail, je ne peux pas venir. A tout à l’heure !

Cyril, tout heureux, remercia avec empressement, et traversant la pièce, alla ouvrir et entra. Tout de suite, un air chaud et sec le frappa, un soleil intense brillait, haut dans le ciel, chauffant ses écailles. Le paysage s’étendait à perte de vue, fait de sable doré, entrecoupé d’étendues vertes. Un fleuve, très loin, serpentait paresseusement. Ses yeux s’accoutumant à la lumière vive, il distingua vers l’horizon trois curieuses formes pointues. Ce devait être les fameuses pyramides dont Histoiry lui avait parlé. Il devait les voir de plus près !

Cyril déploya ses ailes, et volant allègrement, prit la direction des monuments. Au bout d’un bon moment de vol, il sentit le besoin de se poser quelque part. Il faisait vraiment très chaud, et les pyramides étaient encore à bonne distance. Avisant un monticule de pierres, il atterrit, et reprit son souffle. Y avait-il un peu d’eau par là ? Une petite source en effet, jaillissait entre les rochers, dans laquelle il trempa son museau avec reconnaissance. Une fois désaltéré, il se préparait à reprendre son vol, quand un bruit lui fit dresser l’oreille. Quelqu’un parlait ! tout près !

Il regarda, sans voir personne, et pourtant il ne se trompait pas, il y avait bien une personne qui parlait d’un ton rageur. Il fit quelques pas, et se rendit compte que le bruit avait l’air de provenir de sous un petit rocher qui avait dû rouler de plus haut. Intrigué, il poussa la pierre, découvrant un trou assez large. La voix se tut brusquement, pour reprendre aussitôt :

     ‒   Qui est là ? Bon, poussez-vous, je sors.

Cyril recula d’un pas ou deux, et observa, ébahi. Qui pouvait bien se trouver dans un si petit et inconfortable endroit ? Le propriétaire de la voix se mit à ahaner :

     ‒  Humpf, humpf  marquant une remontée pénible,

 et Cyril, eut la surprise de voir sortir un scarabée du trou.  Il était d’un beau vert sombre et irisé, son dos était couvert d’inscriptions compliquées. Cyril avait déjà vu des scarabées, mais jamais comme celui-ci !

Quant au scarabée, il eut un violent sursaut en découvrant Cyril :

     ‒  Par Amon Rê tout puissant ! Qui es-tu ? 

     ‒  Je m’appelle Cyril, je suis un dragon 

     ‒  Un dragon ??Connais pas ! Ce n’est pas grave, je te remercie de m’avoir sorti de là. J’étais bloqué dans ce trou depuis un bon moment 

     ‒  Comment est-ce arrivé ?  demanda Cyril poliment.

     ‒  J’essayais de rattraper la clé qui est tombée dedans. Je suis tombé à mon tour, et pour finir ce bout de rocher a bloqué l’ouverture. Résultat, je n’ai toujours pas cette clé, et les amis doivent attendre pour rentrer dans la pyramide ! 

Il regarda Cyril soudain attentivement :

     ‒  Tu es grand toi ! Tu as de grandes pattes. Essaie donc d’attraper cette clé ! Allez ! Vite ! 

Le scarabée avait de l’autorité, et le dragon vit qu’il ne fallait pas le contrarier. Se penchant, il plongea sa patte dans le trou, en s’écorchant un peu les écailles et tâtonna dans le fond. Rencontrant un objet métallique, il arriva à le saisir dans ses griffes et le remonta délicatement, pendant que le scarabée tournait autour de lui à toute vitesse. Il poussa un soupir de soulagement en voyant apparaître la clé, qui brillait au soleil.

     ‒  Ouf, enfin !!! Merci mon garçon, tu m’as rendu un fier service. Au fait, je m’appelle Khépri.

S’étant saisi de l’objet, il regarda en direction des pyramides :

     ‒  J’ai encore un bon moment de route ! puis examinant Cyril :

Tu voles, tu pourrais peut-être m’emmener ? 

     ‒  Bien sûr messire, répondit Cyril, s’inclinant pour que Khépri puisse grimper sur son dos.

     ‒  Ouf, vous êtes plus lourd que je ne pensais ! 

Khépri répondit sèchement :

     ‒  Je te prierais de ne pas me parler ainsi, mon garçon. Je représente un dieu ici. Tache de t’en souvenir. 

     ‒  Oui messire, bien messire, excusez-moi messire, répondit Cyril, contrit, tout en  prenant la direction des pyramides.

Ils survolèrent ainsi l’étendue sableuse, pour finir par se retrouver devant un curieux personnage, allongé à côté de la pyramide. Un corps de lion, et un visage humain.

Celui-ci s’adressa à Khépri directement :

     ‒   Tu es très en retard, tout le monde t’attend !  et désignant Cyril :

Et lui ? qui est-ce ? sans attendre de réponse :

Dépêche-toi de leur ouvrir, j’ai assez entendu de bruit pour ma journée ! 

Khépri s’éloigna, escorté de Cyril ;

     ‒  Ne fais pas attention, il ronchonne tout le temps, mais au fond, il est très gentil 

Devant l’entrée de la pyramide, tout un groupe attendait, et une exclamation les accueillit :

     ‒  Enfin ! Tu en as mis du temps à revenir  rugit une lionne,

     ‒  Où étais-tu passé, ça fait des heures que nous attendons !   renchérit un ibis, au bec fin comme une lame.

    ‒   La prochaine fois, ce n’est pas moi qui me chargerai de la clé ! Et si ce petit n’était pas passé par là, vous auriez pu attendre longtemps ! D’ailleurs vous auriez pu vous inquiéter un peu et me chercher. Mais vous étiez tellement occupés à faire la fête dans l’oasis ! 

     ‒  Te chercher où ?  interrogea une chatte très élégante.

Qui est ton ami ? ronronna t-elle.

     ‒  Il s’appelle Cyril. Viens que je te présente 

Désignant la chatte, qui inclina légèrement la tête :

Voici Bastet. Et là c’est Hathor  en désignant une génisse.

Voilà Sekmet, Toth, Thoueris, montrant tour à tour la lionne, l’ibis et un hippopotame.

Là, c’est Sobek. Mmhnn, lui, il est toujours de mauvaise humeur, ajouta Khépri, en aparté, voyant le crocodile claquer des mâchoires, l’air grognon.

D’autres suivirent, et tous les noms donnèrent un peu le vertige à Cyril. Enfin, après un dernier remerciement, ils s’engouffrèrent dans la pyramide, le laissant seul avec Khépri.

     ‒  Je te remercie encore,  dit celui-ci.

Je ne sais pas ce qui serait arrivé ! Et il faut qu’ils regagnent leurs fresques murales au plus vite ! 

     ‒   De rien messire, répondit Cyril, un peu gêné.

Khépri entra à son tour, le laissant seul. Cyril reprit son vol, en direction du logement du scribe, tout heureux de sa journée, saluant au passage le sphinx, qui lui fit un sourire.

Anenetep était toujours en train d’écrire quand il rentra dans la pièce, secouant un peu de sable de ses écailles.

     ‒  Tu es content de ton voyage ?  lui demanda t-il.

J’ai appris ce qui était arrivé. Je suis en train de le consigner par écrit. Dans notre tradition, il est important que le nom soit écrit, pour que tous se souviennent. Le tien sera en bonne place dans le récit de cette journée.

Cyril remercia et sortit, retrouvant le couloir sombre et frais du château Pc, la tête encore pleine de soleil et de nouveaux amis.

 

                                                                                           ****

 

     ‒  Professeur, professeur ! 

Le chercheur arrivait à toute vitesse dans le bureau du directeur des fouilles, bureau installé sous une tente peinant à arrêter le sable qui volait ;

Regardez ce papyrus ! Je ne comprends vraiment pas ! 

Le professeur mit ses lunettes, et se pencha sur ce que lui désignait le savant, en plein milieu d’un papyrus très récemment découvert, dans un site daté du nouvel empire, et comprit le pourquoi de son agitation.

Que venait faire cette représentation d’un dragon sur le document ?

Publié dans Cyril le dragon

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erato:0059: 04/02/2013 19:00


Une histoire fabuleuse , admirablement écrite, j'adore , je suis transportée! Douce soirée Hauteclaire

Hauteclaire 08/02/2013 00:21



Merci Andrée


Avec Cyril, nous t'envoyons des bisous !



MC 30/01/2013 14:15


A chaque nouvelle aventure Cyril augmente son capital amis, normal, il est si gentil.


Bisous à tous les deux.

Hauteclaire 31/01/2013 02:40



Bonsoir MC


Il a le coeur sur la patte notre Cyril ..


Merci de l'accompagner ainsi depuis toutes ces années !


De gros bisous à toi



Nina Padilha 30/01/2013 11:26


Quand le passé rejoint le présent, s'emmêle et laisse pantois.
Vraiment chouette, ce récit !

Hauteclaire 31/01/2013 02:37



Merci Nina 


dans le monde du net, tous les voyages sont possibles !


Bisous



FRANCINE CLIO 30/01/2013 09:50


Cyril , le gentil dragon , l'Egypte  ( histoire )  , c'est magique !


J'aime beaucoup , Geneviève.


Gros bisous et bonne journée.

Hauteclaire 31/01/2013 02:35



Merci Francine


avec Cyril nous sommes contents de savoir que tu as aimé la balade !


Des bisous bien flambés



margaux33 30/01/2013 09:44


une belle histoire . bises bonne journée

Hauteclaire 31/01/2013 02:34



Merci Margaux,


c'est très gentil à toi


Des bisous